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Christophe Pinna : «Le karaté est une belle école de la vie »

2 août 2017, 06:30

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Christophe Pinna : «Le karaté est une belle école de la vie »

Dix-sept ans après son sacre comme champion du monde de karaté, le Français Christophe Pinna reprend la compétition. Son objectif : décrocher une médaille aux JO de Tokyo en 2020. Men’s Style a rencontré le roi du kumite qui séjournait à l’hôtel Anahita.

Christophe Pinna, vous êtes une icône mondiale du karaté. Racontez-nous vos débuts.

C’est à l’âge de 5 ans qu’on m’a inscrit au karaté. C’est en larmes que je me rendais à mes entraînements deux fois par semaine. Après, j’ai commencé à aimer cette discipline, où il faut avoir de la rigueur. Il y a aussi cet aspect ludique qui m’a attiré. Ça me plaisait de donner des coups de pied et de poing. Je me suis laissé prendre au jeu. À l’âge de 10 ou 11 ans, je commençais à rêver au titre de champion du monde.

Je me suis accroché à ce rêve. Le karaté c’était aussi un loisir et un exutoire. En effet, ma mère était malade, souffrant d’un cancer. Je l’ai perdue lorsque j’avais 17 ans. C’était une période difficile. J’ai fini par arrêter mes études. Pendant que je faisais mon service militaire à Paris, parallèlement, je pratiquais le karaté à un haut niveau.

À mon retour à Nice, ma ville natale, j’ai été repéré par un club qui m’a employé. J’ai participé à plusieurs championnats que j’ai remportés. Et finalement, je suis devenu champion du monde.

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Quel est votre grade ?

Je suis 6e dan en karaté. Le président de la fédération française m’a remis ce grade de manière honorifique parce que j’ai été l’un des karatékas les plus titrés au monde.

Vous avez décidé de vous remettre à la compétition et de participer aux JO Tokyo en 2020. Qu’est-ce qu’une médaille olympique représente pour vous ?

Pour être honnête, c’était un peu une obligation. Il a été annoncé que le karaté allait être un sport olympique en 2020. En tant qu’athlète, j’ai énormément souffert de ne pas avoir eu de médaille olympique même si j’ai été plusieurs fois champion. Aux jeux olympiques, je vais représenter mon pays. C’est une fierté ! Le karaté était derrière moi. La dernière fois que j’ai gagné le championnat du monde toutes catégories c’était le 14 octobre 2000. Après quelques jours de réflexion, je me suis dit que je pouvais décrocher une médaille olympique. C’est ainsi que je me suis remis à l’entraînement. Mais ce rêve de participer aux jeux olympiques arrive un peu tard. Aujourd’hui, j’ai 49 ans. Ce sera dur, mais quand on a un vrai rêve il faut aller jusqu’au bout. Si je gagne, je serai heureux. Je saurais que j’ai eu le courage de le faire.

Quelles sont vos chances de décrocher une médaille olympique après 17 ans de retraite ?

Mathématiquement et en étant cartésien, je dirai que je n’ai aucune chance. Mais au fond de mon coeur, je sais que je peux accrocher une médaille.

Pourquoi vous vous êtes-vous reconverti en coach sportif ?

Cela coulait de source. Après la compétition, je me devais de partager ma passion avec les autres. C’est le cycle de la vie.

Comment voyez-vous l’avenir du karaté ?

L’olympisme va donner au karaté une valeur planétaire et une médiatisation plus importante. Je trouve que le karaté est une belle école de la vie, de valeurs. C’est un sport éducatif par excellence.

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