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Fête des morts: quand le nettoyage des pierres tombales rapporte
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Fête des morts: quand le nettoyage des pierres tombales rapporte
Mardi, 11 heures. Deux jours avant la Fête des morts, les cimetières sortent de leur torpeur. Si les familles viendront honorer les défunts en florissant les tombes demain – certains dès aujourd’hui – les marchands de fleurs et autres petites mains sont déjà là.
Une dizaine d’enfants se tiennent alignés à l’entrée du cimetière de Bois-Marchand. Ils vendent de l’eau. Rs 10 le galon, indiquent-ils.
«Bann dimounn aroz fler ar sa. Éna nétway tom ousi», explique celle qui semble être le leader de la bande. Elle n’a pas plus de 10 ans et est l’aînée du groupe.
Depuis le matin, ils n’ont vendu que cinq bidons d’eau. Mais pas la peine de se tracasser. Deux jours avant la Fête des morts, les affaires fonctionnent au ralenti. Toutefois, les enfants savent qu’ils vont vendre au moins une centaine de galons les deux prochains jours.
Les enfants expliquent leur journée. Il faut suivre les clients et récupérer les bidons après utilisation. «Mem si lwin net, bizin swiv mem», explique un garçonnet timidement.
L’attente peut parfois s’éterniser aussi, raconte-til. Mais il ne faut pas brusquer les clients, précise une autre fillette.
Après avoir récupéré les récipients vides, les enfants vont les remplir à nouveau pour les porter à l’entrée du cimetière. Ils font quoi de la recette du jour ? «Nou donn fami lerla gard sa pou lané», indique l’aînée.
Rs 500 pour la peinture
La vente de l’eau n’est pas le seul service qui est proposé. À l’intérieur du cimetière, d’autres garçons, guère plus âgés, attendent à l’ombre. Eux aussi ont des bidons d’eau, mais ils ne les vendent pas.
Ils nettoient les pierres tombales. Mais la bande n’a qu’une brosse. Donc, il faut attendre que l’un ait fini pour que l’autre cherche un client.
Combien pour ce service ? Il faut compter Rs 100 pour redonner un coup de neuf aux pierres tombales. Un coup de brosse, de l’eau, un chiffon et le tour est joué.
S’il faut un coup de peinture ? Un des petits pointe en direction d’un autre groupe. «Pou lapintir tousala, bizin get banla mem sa», explique le petit avant de retourner se protéger du soleil.
Nous nous rendons donc auprès du groupe de grands qui s’affairent sur les tombes, armés de pioches et de pinceaux, entre autres. Eux ne chôment pas, par contre. Ils ont déjà une liste de commandes.
Cependant comme certains sont employés par le ministère des Collectivités locales, ils se font discrets. «Bann dimounn vinn get nou dépi avan mem pou met tom la korek. Tout long lané zot vini sa», dit l’un d’eux.
Évidemment, en ce moment, il y en a plus. Pour un nettoyage et désherbage, il faut compter Rs 200. Pour la peinture, le tarif tourne autour de Rs 500.
Nous les laissons à leurs occupations et regagnons l’entrée. Là, des cordons sont attachés aux arbres et quelques poteaux sont placés çà et là. Ils appartiennent à ceux qui sont venus délimiter leurs espaces pour les deux prochains jours.
Ce sont des marchands de fleurs et de bougies. Les retardataires se débrouilleront…
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