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Arabie Saoudite: coups de fouet et chocs électriques pour des féministes emprisonnées
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Arabie Saoudite: coups de fouet et chocs électriques pour des féministes emprisonnées
Amnesty International est très critique envers la détention «illégale» de plusieurs activistes des droits humains. Leur détention remonte à mai dernier. Et dans un communiqué mardi 20 novembre, l’organisme a dénoncé le fait que plusieurs d’entre elles «auraient été harcelées sexuellement, torturées et subi diverses formes de maltraitance durant leur interrogatoire».
Amnesty International a recueilli trois témoignages d’activites incarcérées à la prison de Dhahban. Toutes racontent que des militantes, dont elles, ont été torturées à plusieurs reprises ; elles disent notamment avoir reçu «des chocs électriques et des coups de fouet, tant et si bien que certaines ne pouvaient ni marcher ni se tenir debout correctement».
«Si ces témoignages s’avèrent, cela viendra davantage exposer les violations des droits humains dont sont responsables les autorités saoudiennes, surtout quelques semaines après l’assassinat de Jamal Khashoggi.»
Ce n’est pas tout. «Une des militantes a été suspendue au plafond par les pieds.» Pire encore, «selon un autre témoignage, l’un des femmes a été harcelée sexuellement par des officiers masqués». Amnesty International dit avoir appris qu’après ces exactions, une des militantes incarcérées a tenté à plusieurs reprises de se suicider. Elles auraient également été menacées par les autorités pénitentiaires, pour qu’elles ne racontent rien à leurs proches.
À en croire les témoignages recueillis par Amnesty International, plusieurs des détenues auraient été torturées pour qu’«elles fassent des aveux», les punir pour avoir refusé de «se repentir» ou pour «les forcer à promettre de ne pas critiquer le gouvernement». Or note Amnesty International, ce sont justement sur la base de ces «aveux forcés» que les activites écopent de lourdes peines devant le tribunal, voire de la peine de mort, sans qu’une enquête ne soit menée en bonne et due forme.
Pour Lynn Maalouf, directrice des recherches pour le Moyen-Orient, Amnesty International, «si ces témoignages s’avèrent, cela viendra davantage exposer les violations des droits humains dont sont responsables les autorités saoudiennes, surtout quelques semaines après l’assassinat de Jamal Khashoggi». En effet, depuis ces dernières années, l’Arabie Saoudite s’est souvent retrouvée sous le feu des projecteurs pour des actes de torture et de maltraitance dans les prisons, en violation de ses engagements sous le droit international, dont la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
«La communauté internationale doit prendre des mesures pour faire pression sur l’Arabie Saoudite afin qu’elle relâche immédiatement les activistes détenues pour avoir exercé leurs droits civiques.»
D’ajouter que les autorités saoudiennes sont responsables du bien-être des hommes et des femmes qui sont en détention. «Non seulement cela fait des mois qu’elles les privent de leur liberté pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions, mais voilà qu’on les soumet à d’horribles souffrances physiques», dénonce Lynn Maalouf.
Devant ces faits, Amnesty International exhorte les autorités saoudiennes à «relâcher immédiatement et inconditionnellement» ces militants. Et aussi de lancer une enquête sur les allégations de torture et de maltraitance dans les prisons afin que les responsables de ces actes soient punis.
Lynn Maalouf en appelle à la communauté internationale. «La communauté internationale doit prendre des mesures pour faire pression sur l’Arabie Saoudite afin qu’elle relâche immédiatement les activistes détenues pour avoir exercé leurs droits civiques.»
En attendant, depuis ces arrestations arbitraires, surtout des dissidentes, la liberté d’expression au sein du royaume a pris un sale coup…
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