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Sunil Dowarkasing : «Maurice devient un énorme dépotoir»

15 décembre 2018, 16:15

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Sunil Dowarkasing : «Maurice devient un énorme dépotoir»

L’ex-parlementaire Sunil Dowarkasing est aujourd’hui cadre chez Greenpeace. Il a un constat accablant de la situation de l’environnement à Maurice et songe à rentrer au pays pour faire de la politique.

Cela fait quelques années que Sunil Dowarkasing est en poste au siège de l’organisation non gouvernementale (ONG) Greenpeace à Amsterdam. L’ancien député de Curepipe-Midlands y est employé comme Global Strategist. Cette fonction conduit la seule recrue mauricienne de l’ONG à gérer des dossiers relatifs à l’écologie dans plusieurs pays.

Sunil Dowarkasing est à l’œuvre en Afrique. Il travaille avec d’autres collègues et des locaux à la réduction de la pauvreté sur le continent. Notre compatriote agit dans le cadre de l’Africa Renewable Energy Initiative issue de la Cop 21.

Pour celui qui est aujourd’hui un expert en matière d’écologie, l’accès à l’énergie renouvelable permettra à de nombreux Africains vivant en zone rurale de sortir du cycle de la pauvreté. «Sur le continent, plusieurs millions de personnes sont marginalisées parce qu’elles n’ont pas accès à l’énergie», fait remarquer le sexagénaire qui a toujours l’allure d’un quadra.

Comment l’ancien membre de l’équipe Maurice Île Durable voit-il l’état de l’environnement au pays ? «La situation est inquiétante. Tous les indicateurs environnementaux à Maurice sont au rouge.»

L’animateur de Greenpeace, qui est détenteur d’une maîtrise en sciences de l’environnement, étaye ses dires avec des observations portant sur plusieurs secteurs. Il cite en exemple l’érosion sur le littoral. «Les plages disparaissent parce que nous ne nous attaquons pas à la racine du mal : le courant marin.» L’écologiste recommande la création d’îlots artificiels pour «casser les houles».

Le spécialiste de l’écologie fait un autre constat accablant : la forêt indigène à Maurice s’élève à seulement 2 %. Sans compter que l’on abat des arbres un peu partout pour faire de la place à des routes, des résidences haut de gamme et des Smart Cities.

Le tableau n’est pas plus rassurant en ce qui concerne l’environnement marin. «Encourager l’aquaculture sur une grande échelle, c’est prendre le risque d’un déséquilibre de l’écosystème», prévient Dowarkasing.

«Déjà Maurice est parmi les pays qui ont une empreinte écologique très élevée», déclare l’ancien parlementaire. Il rappelle que la gestion des déchets est très en retard à Maurice. «Mare-Chicose est une catastrophe, des producteurs d’énergie se débarrassent des cendres de charbon sans aucun traitement, chaque année les Mauriciens jettent 90 millions de contenants en plastique. Notre pays devient un énorme dépotoir.»

Sunil Dowarkasing trouve qu’il n’y a aucune politique écologique réfléchie. «La plupart des leaders politiques semblent insensibles à la dégradation de l’environnement.»

Que fait-on après un constat aussi accablant ? «Mon passage chez Greenpeace m’a permis d’avoir une connaissance approfondie de l’écologie et de développer mes compétences. À 60 ans, je pense qu’il est temps de rentrer pour mettre mon expérience au service du pays», confie Sunil Dowarkasing.

Est-ce une manière de dire qu’il compte reprendre ses activités politiques ? «J’y songe sérieusement.» Une réponse qui, sans doute, donnera lieu à des spéculations.

Son parcours

2005 – 2010 : Député de Curepipe-Midlands 
2010 – 2011 : Conseiller du ministre Pravind Jugnauth
2012 – 2014 : Affecté au programme Maurice Île Durable
2015 à ce jour : En poste chez Greenpeace

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