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Jayen Cuttaree: de conseiller municipal à PM par intérim

21 décembre 2018, 18:12

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Jayen Cuttaree: de conseiller municipal à PM par intérim

Son cœur battra éternellement derrière le «purple curtain». Jayen Cuttaree, 77 ans, s’est éteint mercredi 19 décembre dernier, s’éclipsant de cette scène politique qu’il n’a jamais vraiment quittée, même après sa retraite. Sans doute, il aurait connu une gloire internationale s’il avait été élu au poste de directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), en 2005. Mais malgré cela, ce patriote hors pair, qui a su rester humble et proche du peuple, a presque tout connu sur le plan politique, entre autres, de même qu’il a pu occuper des postes importants à l’étranger. Ses funérailles sont prévues pour demain, samedi 22 décembre.

Jayen Cuttaree est né le 22 juin 1941 à Rose-Hill. Il est issu d’une famille de sept enfants. Son père était tailleur. Écolier à l’école St-Enfant Jésus de Rose-Hill, il obtient la petite bourse (connu comme le Junior Scholarship) et du coup, il est admis au collège Royal de Curepipe. Parmi ses condisciples se trouve Prem Nababsing, avec qui il a plus tard connu un long parcours politique au sein du Mouvement militant mauricien (MMM).

Ses études secondaires terminées, il obtient une bourse du Commonwealth et part étudier les forêts et l’agriculture à l’université d’Edimbourg, en Écosse. Il obtient aussi une maîtrise et un doctorat en écologie à l’université d’Uppsala, en Suède. Étudiant le droit, Jayen Cuttaree est «called to the bar» au Lincoln’s Inn de Londres.

À son retour à Maurice, il travaille comme conservateur adjoint des Bois et forêts pendant cinq ans. Après, il fait une brève carrière au sein de la Sugar Planters Mechanical Pool Corporation, comme directeur général. Toutefois, le fonctionnaire Cuttaree se voit dans l’obligation de démissionner de son poste, ayant été aperçu lors d’un meeting politique.

Il va alors travailler, dans un premier temps, dans le secteur des ressources naturelles, à l’Organisation de l’unité africaine. Ensuite, il prendra de l’emploi à l’Unesco, où il travaille sur l’impact du développement sur l’environnement dans les pays africains situés au sud du Sahara.


Si comme de nombreux Mauriciens, Jayen Cuttaree a milité en faveur de l’Indépendance du pays aux côtés du Parti travailliste (gardant une sympathie non-cachée pour les Rouges), il fera néanmoins toute sa carrière politique au sein du MMM, dont il finira par devenir le leader adjoint. En mars 1982, lors des fameux 60-0 qui voient la victoire écrasante de l’alliance MMM-Parti socialiste mauricien (PSM), il sort en tête de lice dans la circonscription no 19, Stanley-Rose-Hill. Et il sera élu à six reprises, sans interruption, dans cette même circonscription, un véritable bastion du MMM, à l’époque.

L’ancien bras droit de Paul Bérenger a été ministre du Travail et des relations industrielles, en 1982. Il a aussi occupé le portefeuille de la Justice, et a été ministre du Logement en 1991. C’est lui qui lança la National Housing Development Corporation. Ensuite, il a été ministre des Affaires étrangères en 1995 puis ministre de l’Industrie et du commerce entre 2000 et 2003 avant de reprendre le poste des Affaires étrangères de décembre 2003 à juillet 2005.

Summum de sa carrière politique, en juillet 2004, quand il occupe le poste de Premier ministre par intérim, en remplacement du titulaire, Paul Bérenger, et du Premier ministre adjoint de l’époque, Pravind Jugnauth, tous deux absents du pays. Il a aussi été conseiller municipal entre 1985 et 1991 et maire de Beau-Bassin–Rose-Hill en 1988.

En 2005, il reçoit le soutien du gouvernement et de plusieurs pays pour se porter candidat au poste de directeur général de l’OMC. Mais après une campagne intense, malgré le soutien de l’Union africaine, c’est finalement Pascal Lamy, commissaire à l’Union européenne, qui obtient le soutien d’une majorité de pays.

Celui qui, pendant 28 ans, a été député du no 19 ne se portera plus candidat aux élections générales après mai 2010. Et en décembre 2011, il publie son autobiographie, intitulée «Behind the Purple Curtain».

 

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