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Droits de l’homme: l’état déplorable du centre de détention du Chaland décrié

25 janvier 2019, 16:30

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Droits de l’homme: l’état déplorable du centre de détention du Chaland décrié

Une seule chambre reconvertie en dortoir contenait en moyenne quelque 20 personnes, à elle seule. Elles ont depuis été déportées. Les matelas pour ces détenus sont posés à même le sol. Ces derniers n’ont pas droit à des draps. La pièce n’est pas aérée et le ventilateur présent est dans un piteux état. Constat sans appel de la Commission nationale des droits de l’homme au centre de détention du Chaland.

Les anciens membres de la commission ont visité ce centre et le rapport pour l’année 2018 vient d’être révélé. L’état insalubre des lieux est la principale critique. Ce rapport, qui a été envoyé au Passport and Immigration Office (PIO) dénonce, à juste titre, ce centre de détention. La commission des droits de l’homme demande une rencontre avec le responsable du PIO au plus vite. L’arrestation de Bangladais et autres étrangers récemment, remet sur le tapis les conditions de détention dans cet endroit infernal. «Ils sont traqués comme des criminels et enfermés en ce lieu. Est-ce normal ? Nous parlons là des droits de l’homme», s’insurge un des rédacteurs du rapport à qui nous avons parlé.

«Il ne suffit que de voir l’état même du bâtiment de l’extérieur», soutient un des anciens membres de la commission. Ces derniers, qui ne siègent plus au sein de la National Preventive Mechanism Division (NPMD) de la commission, expliquent qu’ils avaient aussi dans le passé alerté le commissaire de police, Mario Nobin. Sans succès.

Le manque d’hygiène et d’espace sont les deux facteurs qui ont le plus marqué les visiteurs. L’endroit n’est pas nettoyé, soutiennent les membres qui ont rédigé le rapport. «Ce sont les officiers qui y travaillent qui doivent le faire. Le ramassage d’ordures est quasi inexistant», explique Michel Vieillesse, un des membres, qui était sur place, lors des visites. Les toilettes sont également dans un état déplorable. Entre manque d’eau et lavabo cassé, des flaques sont aussi présentes à plusieurs endroits.

Les détenus n’ont pas de moyen de communication avec leurs proches. «Pour que les détenus puissent parler avec les leurs, les officiers du Chaland contribuent régulièrement pour leur acheter des cartes de téléphone», poursuit-il.

Les anciens membres de la NPMD, ont également fait des recommandations sur Le Chaland. Le centre n’est pas aux normes des Nations unies. Ils ont notamment demandé à ce que le bâtiment soit plus propre et aéré, entre autres. «Il faut demander pourquoi jusqu’ici rien n’a été fait», insistent-ils. D’autant que la NPMD est payée des fonds publics pour veiller à ces détails. «Nous devons nous plier aux normes, comme nous le demande l’Organisation des Nations unies.»

 

«Pas assez sécurisé»

<p style="text-align: justify;">Aux petites heures du matin, le dimanche 4 novembre 2018, Mohammad Hossan, MD Usman Goni et Monir Hossain avaient disparu du centre du Chaland. Ils étaient en situation irrégulière sur le sol mauricien, incapables de payer leurs billets d&rsquo;avion. Les six membres de la <em>Special Supporting Unit</em> ainsi qu&rsquo;un officier du <em>Passport and Immigration Office</em> postés pour les surveiller s&rsquo;étaient endormis.</p>

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