Publicité
Akilesh Deerpalsingh à l’ICAC: «Pravind Jugnauth a fait caser trois personnes dans mon dos»
Par
Partager cet article
Akilesh Deerpalsingh à l’ICAC: «Pravind Jugnauth a fait caser trois personnes dans mon dos»
La déposition de l’ex-conseiller au ministère de la Bonne gouvernance dans l’enquête de l’ICAC sur la nomination de 24 personnes a pris une tournure inattendue hier, lundi 28 janvier. Après avoir expliqué que ce sont des postes à titre «advisory» pour lesquels SAJ a donné son accord, Akilesh Deerpalsingh a allégué que Pravind Jugnauth, dans son dos, a fait caser trois personnes : le fils du ministre Gungah, le gendre de Shyam Khemloliva, et la belle-fille de Nayen Koomar Ballah.
«Votre enquête est superflue, c’est une chasse aux sorcières qui ne repose sur rien», a lancé Akilesh Deerpalsingh aux enquêteurs de l’Independent Commission against Corruption (ICAC), hier. Entendu under warning pour la deuxième fois en cinq jours, l’ex-conseiller du ministère de la Bonne gouvernance a lui-même rédigé sa déposition. Il a par la suite été autorisé à repartir, sans qu’aucun autre rendez-vous ne soit fixé.
Il a reproché, par écrit et formellement, aux enquêteurs de l’ICAC de mener une enquête sur des «recrutements» – survenus au début du mandat de Roshi Bhadain comme ministre des Services financiers – alors que le ministère a en fait «nommé» ces 24 personnes. Pour expliquer à l’ICAC que ces nominations ne pouvaient afin de faire l’objet d’une enquête, Akilesh Deerpalsingh a écrit dans sa déposition que ces 24 personnes n’ont pas été recrutées pour faire partie du service public, mais qu’elles ont été nommées de manière contractuelle. «C’est comme la nomination du directeur de l’ICAC nommé par l’autorité du Premier ministre sans aucun exercice de sélection.» C’est l’argument principal d’Akilesh Deerpalsingh : «De l’appel à candidatures, jusqu’à la lettre de nomination, il y a le mot advisory. Ce sont donc des advisers du ministère qui peuvent être recrutés sans passer par la Public Service Commission – PSC – et limogés avec un mois de préavis.»
Akilesh Deerpalsingh a expliqué à la commission anti-corruption que les fonctionnaires du ministère ont demandé l’autorisation de sir Anerood Jugnauth (SAJ) – alors Premier ministre – pour recruter 30 advisers sur une base contractuelle car le ministère, alors nouveau, n’avait pas de personnel qualifié dans les différents domaines : fintech, assurances, traités fiscaux, etc.
Accord de SAJ
«Avec l’accord de SAJ, le ministère de la Bonne gouvernance n’était pas obligé de procéder à un appel à candidatures. Mais nous l’avons fait car nous voulions connaître les différentes expertises disponibles sur le marché avant de procéder aux nominations et nous avons obtenu 350 réponses. Nous ne voulions pas nommer des agents politiques et colleurs d’affiche comme cela se fait partout ailleurs», a-t-il écrit. Et de renchérir : «Allez demander à M. Ballah (NdlR, alors Secretary for Home Affairs).»
À un moment, lors de l’interrogatoire, les enquêteurs de l’ICAC lui ont présenté une liste de ceux qui avaient été présélectionnés. «Oui, vous voyez bien qu’il y a l’écriture de M. Nemchand, Deputy Permanent Secretary (NdlR, décédé depuis), et celles d’autres fonctionnaires, ce qui démontre que tout a été fait dans les règles devant les fonctionnaires et par les fonctionnaires. Le ministère a nommé les plus qualifiés dans les domaines respectifs. Par exemple, il se peut qu’il y ait un grand nombre de candidats très qualifiés et expérimentés – une maîtrise avec 15 ans d’expérience – dans le domaine de l’assurance, mais le ministère n’en cherchait que cinq. Nous avons nommé les cinq meilleurs dans ces postes advisory, et dans un autre secteur, le Global Business, nous avons peut-être nommé des détenteurs de BSc toujours à des postes advisory. Voilà comment le ministère a procédé.»
Après s’être défendu, Akilesh Deerpalsingh est passé à l’attaque. Il écrit dans sa déposition que Pravind Jugnauth, non en sa qualité de ministre des Finances mais en tant que leader du Mouvement socialiste militant (MSM) est intervenu directement auprès du Deputy Permanent Secretary Somduth Nemchand pour faire caser le fils du ministre Ashit Gungah, membre du MSM, le gendre de Shyam Khemloliva, l’ambassadeur mauricien en Russie (lui aussi membre du MSM) et la belle-fille de Nayen Koomar Ballah (l’actuel secrétaire au Cabinet et chef de la fonction publique et aussi un proche de la famille Jugnauth). Selon cette déposition écrite, Vishnu Lutchmeenaraidoo aurait aussi donné des instructions pour que sa nièce soit recrutée.
Pas d’autre rendez-vous
«J’ai dit à M. Nemchand que même si ces personnes étaient qualifiées et expérimentées, il ne devait pas les nommer juste parce que Pravind Jugnauth et Nayen Koomar Ballah sont intervenus en leur faveur. M. Nemchand m’a répondu qu’il ne pouvait plus reculer puisque SAJ a donné son aval pour ces nominations à titre de consultant.» La commission anti-corruption n’a pas fixé d’autres rendez-vous avec Akilesh Deerpalsingh.
Bhadain: «Une balle dans le pied du PM»
<p style="text-align: justify;">Contacté pour une réaction devant la tournure des événements, Roshi Bhadain nous a fait la déclaration suivante : <em>«L’ICAC convoque Akilesh Deerpalsingh pour cette soi-disant enquête juste après que, sur ‘TopFm’ et sur le plateau de ‘l’express’, j’ai publiquement reproché à son directeur la volte-face de la commission dans l’affaire MedPoint. Mais cette vendetta politique de l’ICAC a échoué. L’excès de zèle de Beekarry a encore une fois fait qu’il a tiré une balle dans le pied de Pravind Jugnauth. Ce dernier n’a pas besoin d’adversaires, s’il a des hommes de main comme Beekarry ! Je leur souhaite bonne chance dans leur entreprise.»</em></p>
Publicité
Publicité
Les plus récents