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Maltraitance: des employés étrangers «traités comme des chiens»
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Maltraitance: des employés étrangers «traités comme des chiens»
Des Bangladais racontent être «traités comme des chiens». Lundi, l’un d’eux aurait été battu pour avoir demandé sa paie de décembre.
À Maurice depuis neuf mois, 36 Bangladais ont hier pris d’assaut les locaux de la Victoria House. Pour cause, ils allèguent que leurs nombreuses dépositions faites à la police pour maltraitance alléguée n’ont pas été prises en considération. Excédés, ils se sont cette fois-ci tournés vers le ministère du Travail.
Parmi ces ouvriers du textile se trouve Milan Khan. Âgé de 23 ans, ce dernier raconte que la direction de l’entreprise dans laquelle il travaille accorderait à lui, et à ses collègues, un «traitement inhumain». La goutte d’eau : l’agression dont aurait été victime un des leurs lundi. «Hier, l’un entre nous a été battu par des habitants de Plaine-des-Papayes pour avoir demandé son salaire pour le mois de décembre. Ce matin (NdlR : hier matin), ce collègue s’est fait déporter», poursuit-il. Et d’avancer qu’ils subiraient tous des menaces à chaque fois qu’ils demanderaient à être payés.
Howlader Mosharef, un autre ouvrier âgé de 31 ans, revient sur leurs conditions de vie précaires. «Nous avons été traités comme des chiens», confie-t-il. Il souligne qu’ils vivraient tous sans eau depuis au moins six mois. Pour en trouver, ils doivent se rendre à la rivière de la localité. Ce serait la raison pour laquelle ils auraient eu des éruptions cutanées.
«J’ai quitté mon fils de cinq mois et mon épouse pour venir travailler ici. Comment se faitil que nous ne soyons pas payés intégralement à la fin de chaque mois ?» se demande Howlader Mosharef. Et d’ajouter qu’ils n’ont pas encore touché leur bonus de fin d’année.
Les ouvriers déplorent également le fait qu’ils habiteraient dans un «poulailler», soit tous dans la même pièce. Des toilettes ne seraient pas encore construites, ce qui expliquerait le fait qu’ils soient obligés de se soulager dans les buissons avoisinants.
Outre les «menaces» dont ils seraient victimes, les Bangladais ont tenu à informer les autorités de leur calvaire. Selon nos informations, le ministère leur aurait proposé deux choix : soit rentrer dans leur pays soit se faire embaucher par une usine textile.
Le syndicaliste Fayzal Ally Beegun, également sur place, a, lui, déclaré que ces conditions de vie sont inacceptables. «Ces Bangladais ont dépensé Rs 200 000 pour venir travailler au pays. Il faut qu’ils obtiennent un autre boulot et une fiche de paie en règle de même que de meilleures conditions de vie», dit-il.
Convoqué par les fonctionnaires du ministère, le directeur de l’entreprise a précipitamment pris la porte de sortie, en évitant les questions de la presse. Une enquête en cours devrait permettre de faire la lumière sur les nombreuses allégations auxquelles il fait face.
En ce qui concerne les ouvriers, tous seront embauchés par l’entreprise Tropic Knits Ltd. Ils doivent toutefois entreprendre d’abord des examens médicaux, étant donné qu’ils souffrent de nombreuses Maladies.
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