Publicité

Les nouveaux enjeux du journalisme: le débat se poursuit

2 février 2019, 13:27

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Les nouveaux enjeux du journalisme: le débat se poursuit

«La nuit des idées» a eu lieu jeudi à l’Institut français de Maurice (IFM). Son thème était : «Les nouveaux enjeux du journalisme et de la diffusion de l’information».

Pour cette 3e édition de La nuit des idées, l’Institut français de Maurice (IFM) a accueilli plusieurs invités dont des journalistes, des rédacteurs en chef, des responsables de section et des blogueurs, entre autres. Tout ce beau monde s’était réuni pour débattre autour du thème, Les nouveaux enjeux du journalisme et de la diffusion de l’information. Dans un monde en mutation, il est un fait que l’univers du journalisme est en pleine transition. Dans cette nouvelle ère, les médias doivent faire face à une remise en question et à de profondes transformations.

Pour en débattre, la soirée était divisée en trois parties, soit trois débats autour des thèmes : Les médias et la révolution numérique, comment repenser le journalisme ?, Les liens entre la presse et la politique : l’autorégulation est-elle une utopie ? et Blogueurs, influenceurs, lanceurs d’alerte : Un nouveau journalisme citoyen ? Notre collègue, le caricaturiste Pov, n’a pas manqué de souligner les points forts de ces débats à travers ses œuvres mordantes, projetées sur grand écran. Un brin d’humour, qui a ajouté son grain de sel à cette soirée déjà bien pimentée.

Dans un premier débat modéré par notre collègue Aline GroëmeHarmon, journaliste culture, autour du thème Les médias et la révolution numérique, comment repenser le journalisme ? et qui recevait Jean-Claude de l’Estrac, ex-rédacteur en chef de l’express et ex-directeur général et président de La Sentinelle Ltd, Élodie Vialle, responsable du Bureau Journalisme & Technologie chez Reporters sans frontières (RSF), et notre collègue Axcel Chenney, responsable multimédia, le débat était centré sur plusieurs points notamment la mort annoncée du journal papier, les manipulations éventuelles de l’information, ainsi que la rentabilité du journal numérique.

Jean-Claude de l’Estrac a fait ressortir qu’il était important de faire la «différence entre la presse écrite et la presse papier». Pour lui, l’écriture a encore «de beaux jours devant elle» tandis que c’est le «support papier qui est en difficulté». Selon lui, le journal papier ne devrait pas se consacrer aux news, car avec la technologie, l’annonce des dernières informations est déjà devancée par le web et ce support devrait davantage se concentrer sur l’analyse, les articles d’opinion et les dossiers.

Crowdfunding

De son côté, Axcel Chenney a mis en avant le fait que la lecture est facilitée sur le web, tout en expliquant que jusqu’à présent, le journal numérique n’est pas rentable. «L’annonceur n’est pas convaincu par le paiement de la publicité sur le web», souligne-t-il. Toutefois tous les intervenants sont d’accord pour dire que pour éviter les manipulations, il est impératif pour le journaliste de vérifier et de contre-vérifier ses informations. Par rapport à la rentabilité, les articles ayant de la valeur ajoutée pourraient inciter le lecteur à payer pour ses lectures en ligne. Axcel Chenney a également émis l’idée d’un crowdfunding pour permettre aux journaux de continuer d’exister.

Quant au thème : Les liens entre la presse et le politique : l’autorégulation est-elle une utopie ?, modéré par Finlay Salesse, rédacteur en chef de Radio One, Touria Prayag, rédactrice en chef de Weekly a souligné que les relations entre la presse et le gouvernement sont toujours très tendues et que certaines fois, des connivences avec la politique sont nécessaires pour l’obtention d’informations, mais que toutefois celles-ci doivent être doublement vérifiées. De son côté, Élodie Vialle a regretté que les médias mauriciens ne se concertent pas. «Les médias devraient se mettre autour d’une même table pour défendre les choix journalistiques».

Rajen Bablee, directeur exécutif de Transparency Mauritius, a abondé dans le même sens. Si l’autorégulation n’est pas mise en avant, comme le souligne Jean-Claude de l’Estrac, il est à craindre que l’État ne vienne avec ses propres régulations.

Dans ce monde où la technologie prend de plus en plus de place, il y a un terme qui surgit : «le journalisme citoyen».

Ce débat était modéré par Géraldine Geoffroy, chef d’édition à Radio One. Si certains, notamment dans le public, se sont insurgés contre ce terme, force est de constater, comme le souligne, Élodie Vialle, que dans certains pays, dont ceux en guerre «les seuls capables d’avoir une voix indépendante sont les citoyens». Toutefois, comme l’a si bien souligné notre collègue Anju Ramgulam, chef d’édition et journaliste, «le citoyen et le journaliste sont appelés à travailler ensemble». Le bloggeur mode et influenceur David Stafford et Ingrid Charoux, directrice commerciale, se sont également exprimés sur cette thématique.

Publicité