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Rabee Oune Islam en quête d’un métier décent
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Rabee Oune Islam en quête d’un métier décent
Bientôt trois ans que Rabee Oune Islam a quitté les siens pour venir travailler à Maurice. Et pour le moment, cet homme de 36 ans ne garde pas de bons souvenirs dans son cœur. Son pays natal, le Bangladesh, lui manque énormément, mais surtout il fait face à des difficultés.
Vêtu d’une chemise à carreaux et d’un pantalon, Rabee Oune Islam garde le sourire. On lui a dit que Maurice c’est le paradis et qu’après des heures de labeur, le salaire est excellent. «Vous allez être traités avec tout le respect qu’il se doit, nous a-t-on dit.» Mais le Bangladais avance qu’il ne pensait pas que son rêve allait tourner au cauchemar en l’espace de quelque temps. «On nous a vendus à un autre groupe. Et il fallait même payer notre employeur», allègue-t-il.
Au Bangladesh, la monnaie courante des habitants est la grève. «Nous descendons souvent dans la rue pour nous faire entendre. Nous pensions qu’ici les gens nous auraient traités avec plus d’égards mais ce n’est pas le cas», soutient cet homme originaire de Tangail, dans le centre du Bangladesh.
Rabee Oune Islam confie qu’il a commencé à travailler à l’âge de 16 ans. «C’est un peu le cas de beaucoup de jeunes dans mon pays. Les conditions de vie ne sont pas faciles et il faut subvenir aux besoins de la famille. J’ai travaillé dans plusieurs sortes d’usines.»
Il a finalement atterri à Maurice, où les conditions de travail, avance-t-il, laissent à désirer. «Mais je ne peux pas me permettre de faire des bavures dans mon travail. J’ai besoin de mon salaire.» Dans un premier temps, il percevait Rs 5 000 mensuellement. Avec l’introduction du salaire minimal, il touche Rs 9 100. Cette somme, il n’aura pas l’occasion d’en profiter. «Je l’envoie chez moi pour subvenir aux besoins des miens.»
D’ailleurs, il ne raconte pas ce qui se passe réellement à ses proches. «Je ne veux pas qu’ils s’inquiètent pour moi. Je sais que ma mère risque de ne plus trouver le sommeil. Ici, nous préférons opter pour le silence.»
On pourrait les croire «dociles» face aux conditions de vie qu’ils subissent à Maurice. «Nous ne sommes pas aussi moutons que cela. Mais nous ne voulons pas provoquer de bagarre car, au cas contraire, nous risquons d’être expulsés et nous ne pouvons nous le permettre.» Il nous apprend que les autres Bangladais et lui ont contracté des dettes afin de pouvoir payer pour venir travailler à Maurice.
Le trentenaire ne compte pas baisser les bras pour autant. Guerrier dans l’âme, il a appris de sa famille qu’il y a toujours un meilleur lendemain, et c’est ce qu’il espère.
Aujourd’hui, il ne rêve que de fonder une famille. «J’espère aussi avoir une belle maison.» Mais le chemin est encore long avant d’y arriver et semé d’embûches. «Mais avec notre patience, nous allons arriver à nos fins.» Tout au moins, il l’espère.
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