Publicité
Après la mort de kaya: l'économie du pays paralysée après trois jours d'émeutes généralisées
Par
Partager cet article
Après la mort de kaya: l'économie du pays paralysée après trois jours d'émeutes généralisées
Les activités économiques et administratives dans le pays ont été paralysées après les émeutes s'étendent à travers le pays. Les travailleurs ne peuvent se déplacer en raison de l'absence de transport en commun alors que les émeutiers commencent à s'attaquer aux commerces.
Le pays s'achemine vers une paralysie totale après trois jours d'émeutes qui ont débuté dimanche soir. .11 n'y avait presque plus d'activités administratives et économiques depuis hier après-midi alors que les émeutiers commençaient à s'attaquer aux commerces. La maison du ministre des Femmes, Mme Sidaya, a été également lapidé hier soir.
Dans la soirée d'hier, le bilan s'est alourdi avec des scènes de violence qui se sont multipliés avec une rare intensité dans divers endroits de l'île. Les affrontements entre les forces de l'ordre et des émeutiers ont fait deux morts à Bambous. A la prison de Grande-Rivière-Nord-Ouest, 250 prisonniers ont organisé avec succès leur évasion avec l'aide des émeutiers.
Aussi, les scènes de pillages dans divers endroits avaient pris hier soir des proportions jamais connues à Maurice. A Grande-Rivière, Li Sing, un important entrepôt d'une entreprise a été pillé et incendié, de même qu'une quincaillerie et un entrepôt de l'Etat. Le garage Bala a été également la cible des émeutiers dans ce quartier.
Rien que dans la capitale, une trentaine de véhicules ont été incendiés.
Des foyers d'incendie au milieu de certaines routes brûlaient toujours ce matin.
Dans la nuit d'hier, la maison du ministre Indira Sidaya à La Louise, Quatre-Bornes, a été attaquée par une cinquantaine d'émeutiers. La maison a été lapidée et le ministre menacé. L'incident s'est déroulé entre 21 et 22 heures.
Les mêmes scènes de désolation étaient visibles dans ces régions : bâtiments saccagés, véhicules incendiés, commerces pillés, routes bloquées par des débris, des pierres et des pneus brûlés, des barres de fer, des blocs de béton, entre autres.
Depuis la mi-journée, hier, les activités administratives et économiques ont été presque paralysées à Port-Louis. Banques, magasins, grandes surfaces, petits commerces et les d'autres secteurs, la zone franche notamment, ont été fermés.
Emeutes
Et à la mi-journée, hier, une décision administrative au niveau du secteur public et privé a été prise pour renvoyer les employés chez eux plus tôt que prévu, en raison, selon les informations obtenues par l'express, des problèmes intervenus dans le secteur du transport en commun.
La région de Grande-Rivière, à la sortie sud de la capitale, a été le théâtre de violents incidents en fin d'après-midi et dans la soirée d'hier.
L'accès vers Pointe aux Sables était toujours bloqué ce matin, et la Spécial Mobile Force (SMF) essayait de déblayer la route.
A la prison de Grande-Rivière, des émeutiers ont foncé la principale porte d'accès à l'aide d'un tracteur. Une deuxième porte séparant le bloc administratif et les cellules a été mise hors service, avant qu'environ 250 prisonniers ne prennent la fuite.
Quatre prisonniers ont résisté à cette tentation d'évasion. Interrogé par l'express, ils étaient unanimes à souligner qu'ils avaient entre une semaine et 10 mois de peine à purger. Ce sont les détenus Meeajan, Legoy, Runjeet et Korimbaccus.
Avant de prendre le large, les évadés et les émeutiers qui ont eu accès à l'intérieur de la prison ont mis le feu à des véhicules qui s'y trouvaient ainsi qu'au bâtiment.
Les quatre prisonniers qui s'y trouvent encore ont ainsi pu sortir des lieux, en toute quiétude, pour respirer à pleines poumons l'air de la liberté, avant de réintégrer "la prison ouverte".
Ils disent n'avoir rien mangé depuis hier soir. Des bons Samaritains s'affairaient ce matin à leur préparer et à leur ramener un petit déjeuner.
Les informations obtenues par l'express indiquent que ce scénario était prémédité depuis la mi-journée hier.
Dans la région de Grande-Rivière et Roches-Bois, les routes étaient difficilement praticables dans la mesure où les débris étaient très importants après une nuit d'émeute et de pillage.
A Roches-Bois, des bâtiments, des véhicules, les stations d'essence Total et Esso, et les panneaux de signalisation ont été saccagés ou incendiés.
En tout cas, c'est au début de la soirée d'hier que la situation de Law & Order s'est peu à peu dégradée pour atteindre des proportions dangereusement explosives dans divers endroits—dans la région d'Abercrombie-Roche Bois, aux basses et hautes Plaines Wilhems, notamment aux Villes-Soeurs, à Curepipe, à Quatre-Bornes et certaines régions rurales.
C'est dans cette ambiance qui s'apparentait à un "breakdown" de la situation de Law & Order que les scènes de violence, d'affrontements et de pillage se sont déroulés.
A Beau-Bassin, la maison Kentucky et le super marché Spar ont été saccagés et pillés. Une dizaine de personnes ont été arrêtées dans le cadre de ce pillage.
A Curepipe, des éléments de la Spécial Mobile Force (SMF), mandés sur les lieux en fin d'après-midi hier et en début de soirée, ont eu recours aux cartouches de gaz lacrymogènes pour réprimer les émeutiers.
Un membre de la rédaction de l'express a été touché à la jambe par une balle en caoutchouc. La balle avait été tirée sur la voiture dans laquelle il se trouvait en compagnie du photographe. Il a été transporté d'urgence à l'hôpital de Rose-Belle où il a été opéré.
Des scènes de violences et de pillages ont également été enregistrées à Curepipe.
D'autre part, à Quatre-Bornes, les forces de l'ordre sont intervenues pour tenir à distance deux groupes de manifestants dans les environs immédiats de « La Louise.
À Bambous, la situation s'est vite dégradée suite à un débordement des émeutiers qui avaient pris pour cible le poste de police.
Selon les informations recueillies par l'express, deux personnes ont été tuées par balles après que la police eut ouvert le feu sur ces groupes d'émeutiers. Sydney Michel Laurent et Vimal Chitlall ont rendu l'âme. Une troisième personne, Jean-Noël Ravina, a été sérieusement blessée.
A Pailles, des groupes de gens se tenaient toujours aux abords de l'autoroute aux alentours de 00 h3 0 ce matin. Des pneus ont été incendiés au milieu de l'autoroute, alors qu'à l'intérieur de ce quartier des émeutiers ont tenté de s'attaquer à la police.
Dans la région de Rivière-Noire, des scènes de violence ont aussi été enregistrées, de même qu'à Flacq et dans le Nord.
A Grand-Baie, des émeutiers ont saccagés des maisons de commerce.
A Cité Ste Claire, Goodlands, des incidents ont également été signalés.
A Pamplemousses, des actes de vandalismes ont été commis hier soir. La violence s'est propagée dans la région de Flacq également.
Journée hier
Durant'toute la journée, hier, les différentes routes d'accès à l'intérieur de la région de RocheBois étaient bondées de monde. Les habitants s'étaient réunis en groupes et occupaient les rues pour voir le déroulement de la situation sur le terrain, après une nuit d'affrontement lundi entre émeutiers et forces de l'ordre.
L'express a constaté que dans les principaux carrefours de cette région, des gens avaient déversé sur ces routes d'accès des débris divers, barres de fer, blocs de béton, pierres, carcasses debarils, entre autres. Ce qui rendait la circulation extrêmement difficile d'un point à l 'autre. L'autoroute du nord était, elle aussi, jonchée des débris.
En début de soirée, hier, les rues étaient toujours occupées par des habitants.
Changement
Devant la situation exceptionnellement grave sur le terrain où les affrontements et les scènes de violences et de pillages se multipliaient, une réunion spécial du conseil de ministres s'est tenue hier à Clarisse House.
La première décision concerne un changement à la tête de la SMF où le commandant Reesaul s'est fait remplacer par son collègue Servansingh.
D'autre part, la direction des opérations policières sur le terrain a été placée sous la responsabilité du haut gradé Dhuniswar Ramparsad. Alors que le haut gradé Bruneau, lui, a été chargé de coordonner toutes les mesures de sécurité autour des funérailles de Kaya.
Journée morte
Les autorités ont annoncé la fermeture aujourd'hui de toutes les écoles, primaires et secondaires. L'université sera aussi fermée, de même que les centres de formation de l'IVTB.
Avec l'arrêt des activités du service du transport en commun venant vers la capitale, il va de soi que les activités administratives et économiques vont être paralysées aujourd'hui également.
Publicité
Publicité
Les plus récents