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Parlement: Husnoo fédère l’opposition contre lui

27 mars 2019, 06:57

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Parlement: Husnoo fédère l’opposition contre lui

L’ambiance était soporifique à l’Assemblée nationale hier, mardi 26 mars. Du moins, jusqu’à une question de Patrice Armance, somme toute banale à première vue, sur la rénovation du centre de santé de Pointe-aux-Sables. La réponse d’Anwar Husnoo a vite fait monter l’adrénaline.

Déjà, quand le ministre de la Santé a rappelé que c’est son collègue Alain Wong qui l’a sollicité pour que le dispensaire de la localité soit rénové, les autres élus de la circonscription n’ont pas apprécié. Et encore moins lorsqu’Anwar Husnoo a insisté sur le fait qu’il n’a reçu aucune doléance des habitants.

Patrice Armance (PMSD), Jean-Claude Barbier (MP) et Veda Baloomoody (MMM), trois des cinq élus de la circonscription, ont réagi au quart de tour. «Ki péna konplint ! Ki péna konplint !» ont-ils lancé au ministre. Jean- Claude Barbier notamment a eu beaucoup de mal à se retenir. «To enn manterr gopia ! Dir li met mwa déor», devait-il balancer à Anwar Husnoo, en le défiant. Ce dernier ne s’est pas laissé faire. «Twa ki manterr !» a-t-il répliqué.

Les membres du gouvernement ont réclamé du speaker adjoint, Joe Lesjongard, qu’il ordonne au député du MP de retirer ses propos. Ce que Joe Lesjongard a fait ; pourtant, le micro devant Jean- Claude Barbier était éteint. C’est Shakeel Mohamed, élu du PTr, qui est venu à la rescousse de ce dernier. «Êtes-vous sérieux ? Vous n’avez pas entendu le ministre accuser le membre de menteur ?» lui a lancé l’élu rouge. Réponse de Joe Lesjongard : il a entendu le député de l’opposition. Finalement, les deux élus ont retiré le mot «menteur».

Anwar Husnoo devait toutefois insister qu’il n’a pas reçu de «plainte» des résidents de Pointe-aux-Sables et que l’état dans lequel se trouve le centre de santé n’est que temporaire. «To enn lak !» a balancé Jean-Claude Barbier. Shakeel Mohamed devait alors déclarer au ministre : «Tomem to temporer…To ti temporer ML aster to MSM.» Un commentaire qui n’a pas plu au ministre de la Santé, qui lui a rétorqué : «Shut up !»

Le député rouge a alors demandé au speaker adjoint d’intervenir, estimant que les propos du ministre étaient «unparliamentary». Ce n’était cependant pas l’avis de Joe Lesjongard, qui lui a rappelé qu’il ne faut pas faire de commentaire en position assise et que le ministre ne doit pas prendre en considération les remarques. «N’est-il pas unparliamentary d’utiliser le terme shut up ? Vous êtes sourd ? La honte !» lui a reproché Shakeel Mohamed. Joe Lesjongard ne s’est pas laissé faire. «La honte ? Vous êtes un élu expérimenté, il ne fallait pas faire de commentaire étant assis», a maintenu le speaker adjoint.

Tout de suite, Arvin Boolell s’est mis debout pour soulever un point de droit. Le speaker adjoint ne l’a, semble-t-il, pas vu puisqu’il n’a pas pu prendre la parole. En revanche, quand le ministre Étienne Sinatambou a voulu en faire autant et que Joe Lesjongard allait le laisser intervenir, Shakeel Mohamed a protesté. «To met vizierr ?» a-t-il lancé au speaker adjoint. Il a fallu l’intervention de la clerk, Safeena Lotun, pour calmer la situation. Elle a fait glisser un morceau de papier au speaker adjoint, qui a finalement demandé au ministre de retirer ses propos sans condition.

On pensait alors que les tensions allaient s’apaiser. C’était sans compter sur l’intervention de Veda Baloomoody qui a voulu savoir quand le ministre de la Santé s’était rendu à Pointe-aux-Sables pour la dernière fois. Le désordre a fait son retour. Un membre de l’opposition devait faire des remarques sur Alain Wong, qui s’est vite fâché. «Ki ariv twa ? Ki to problem ?» s’est enquis le ministre. Paul Bérenger, qui faisait mine de lire un magazine, cachait un large sourire...

 

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