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JIOI 2019 - Abhinesh Dussain: «J’espère que nous vivrons à nouveau cette unité et cette harmonie que les politiciens brisent malheureusement»
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JIOI 2019 - Abhinesh Dussain: «J’espère que nous vivrons à nouveau cette unité et cette harmonie que les politiciens brisent malheureusement»
Mes débuts en badminton
«J’ai commencé le badminton par pur hasard en raison des Jeux des îles de l’océan Indien. Lors des Jeux de 1985 à Maurice, j’avais 14 ans. J’étais alors un simple spectateur qui allait assister aux rencontres de volley-ball au Dodo Club à Curepipe, de football au stade George V et de tennis de table au collège Royal de Port-Louis. Durant le trajet retour, que j’effectuais en bus, je remarquais que les rencontres de badminton se jouaient au collège d’Etat Régis-Chaperon. Je me suis arrêté et je suis entré dans le gymnase pour regarder évoluer les Omar Bahemia, Patrick Richard, Jacques Foo Kune et autres Lam Mon Lin. Ce jour-là, je me suis dit: «Je vais commencer le badminton et remporter une médaille aux JIOI.»
Mon histoire en badminton débuta en août 1985 à l’issue des finales durant lesquelles Maurice remporta toutes les médailles d’or en jeu.
Le moment le plus mémorable de ma carrière
De 1989 à 1990, j’avais remporté toutes mes rencontres tant en simple qu’en double hommes. Je n’avais jamais rien perdu. Je me retrouvais donc aux Jeux de 1990 à Madagascar. En finale du double hommes, mon partenaire Michel Duvergé et moi nous nous sommes inclinés devant une autre paire mauricienne. Ce sentiment de défaite se fit ressentir, et les larmes commencèrent à couler, de la cérémonie de remise de médailles à notre départ en bus puis à notre arrivée au Village des Jeux.
Je me souviens de Michael Glover qui vint me féliciter mais les larmes continuaient à affluer. Sheila Seebaluck était à proximité de notre lieu d’hébergement et vint féliciter l’équipe de Maurice. Mais mes larmes continuaient de couler. Cette médaille d’argent avait beaucoup de valeur à mes yeux car elle me disait qu’une fois parvenu au sommet, il ne faut pas oublier qu’il y a, à côté, beaucoup de personnes qui travaillent dur pour y parvenir aussi et qu’il ne faut jamais se relâcher et supposer que vous êtes le meilleur.
Le jour suivant se tenaient les finales du simple hommes. J’ai fait ce que j’avais à faire et remportai la médaille d’or. Me diriger vers le podium, monter sur la plus haute marche, recevoir la médaille d’or en présence des spectateurs malgaches et entendre résonner l’hymne national, fruits de ce que j’avais réalisé, c’était un sentiment extraordinaire.
Et me revenaient dans des flashs mes entraînements, mes réveils à 5 heures du matin pour aller courir à Trou-aux-Cerfs, les entraînements les dimanches, la croix faite sur les sorties avec les amis pour mieux se concentrer sur la préparation, les encouragements de mes parents, de ma sœur, de ma famille.
Moment préféré : les jeux de 2003 à Maurice
Le badminton mauricien avait bien fait, comme à son habitude. J’ai remporté une médaille d’or, une d’argent et une de bronze à ces Jeux. Je suis allé ensuite assister aux compétitions d’athlétisme à Bambous, à la course d’Eric Milazar. Dès que le départ avait été donné, nous nous sommes tous mis debout, criant, hurlant, encourageant notre star. Devant moi, une dame créole – il n’y a là rien de raciste de ma part – se mit debout. Elle tenait un drapeau de Maurice, un grand drapeau d’à peu près 1,5 mètre par 1 mètre. Elle avait les bras levés, nous n’étions pas en mesure de suivre le déroulement de la course. Une dame blanche – n’y voyez là rien de raciste non plus –, qui était à côté d’elle, s’empara de l’autre bout du drapeau. Elles se regardèrent pendant une seconde et toutes deux se mirent à crier: «Eric! Eric!» en agitant le drapeau.
Il m’a été donné de voir la richesse multiculturelle dont le sport seulement est dépositaire, richesse qu’il est en mesure d’apporter à notre pays. C’est la meilleure expérience que j’ai eue des Jeux des îles.
Regrets
J’ai commencé le badminton avec les Jeux des îles. Ma vision, mon but étaient de remporter les Jeux des îles. Je regrette de ne pas avoir visé plus haut : devenir champion du monde, champion olympique, champion d’Afrique. Je voudrais conseiller aux jeunes de viser le niveau le plus haut, les médailles olympiques. S’ils échouent, ils accrocheront peut-être une médaille africaine. Les Jeux des îles sont seulement un tremplin vers le niveau supérieur et ne devraient pas être la destination finale. Nous avons tant de sportifs – Stéphan Buckland, Eric Milazar, Richard Sunny, Bruno Julie, Fabrice Bauluck – qui ont atteint le sommet. Je suis vraiment heureux de voir Kate Foo Kune et Fabrice Bauluck se mêler au niveau mondial en badminton et en kick-boxing.
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