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Sommet de l’ONU à Genève: plus de 2,6 millions de déplacés climatiques en Afrique

17 mai 2019, 16:30

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Sommet de l’ONU à Genève: plus de 2,6 millions de déplacés climatiques en Afrique

Si le nombre de déplacés climatiques grimpe visiblement d’année en année – signe que le réchauffement climatique impacte de plus en plus, en revanche, les statistiques n’existent pas de manière globale, du moins jusqu’ici. Aujourd’hui, les chiffres, même si incomplets, permettent de mieux jauger le phénomène de déplacements climatiques. C’est ce qui ressort du dernier rapport de l’Internal Displacement Monitoring Centre, rendu public hier, jeudi 16 mai, à Genève, en Suisse.

À travers le globe, les chiffres de déplacements liés aux catastrophes naturelles atteignent 17,2 millions dans 144 pays de par le monde, en 2018. Tempêtes, cyclones, inondations liées à la mousson ont déplacé plus de 9 millions de personnes en Asie de l’Est-Pacifique. Uniquement aux Philippines, on en a recensé quelque 3,8 millions. En Afrique, ils sont plus de 2,6 millions. En Asie du Sud, la mousson a provoqué le déplacement de 2,7 millions en Inde seulement. La sécheresse aussi provoque le déplacement d’individus. Si on prend l'Afghanistan, le Brésil, le Burundi, l’Éthiopie, l’Iraq, Madagascar, la Mongolie, le Sénégal et la Somalie, on compte près d’un million de déplacés en raison du manque d’eau.

Quelque 17,2 millions de personnes ont dû se déplacer de par le monde en raison
de catastrophes naturelles, en 2018.

Les conflits et la violence sont, eux, responsables du déplacement de 10,8 millions de personnes de par le monde l’an dernier. L’Éthiopie, la République démocratique du Congo et la Syrie comptent, à eux trois, pour plus de la moitié de ce chiffre sur l’an 2018. Au total, 41,3 millions d’individus ont été déplacés en raison de conflits dans pas moins de 55 pays, en 2018. 75 % de ce total proviennent de 10.

L’an dernier, plus de 10,8 millions de gens ont été déplacés suite à des conflits dans le monde.

L’initiative Nansen

«This year’s report underscores the fact that internal displacement is mostly protracted and urban. As cities grow and the landscape of urban displacement changes, local authorities will be at the forefront of responding to crises and reducing risk in the longer term. National responsibility and leadership and international accountability must combine with significant tangible support for local action. As far as climate is concerned, we must say that most governments tend to cooperate, way more than for conflicts», a déclaré Justin Ginetti, Head of Data and Analysis, à l’express.

La Plateforme sur les déplacements liés aux catastrophes naturelles met en oeuvre l’agenda pour la protection élaboré dans le cadre de l’Initiative Nansen. Basée à Genève, ce mécanisme succède à l’initiative Nansen lancée par la Suisse et la Norvège en 2012, qui s’est achevée en 2015, souligne Chirine El Labbane, chargée de communication de la Plateforme. «L’objectif de l’initiative Nansen était d’améliorer la protection des personnes qui quittent leur pays pour fuir les catastrophes naturelles et les conséquences négatives du changement climatique. Ces personnes ne sont pas reconnues comme réfugiés au sens de la Convention de Genève de 1951. Bien que les droits de l’homme universels s’appliquent, il existe des lacunes en matière de protection, par exemple en ce qui concerne l’entrée sur le territoire et le séjour des personnes déplacées.»

Pour y remédier, une meilleure préparation aux catastrophes, entre autres choses, devrait permettre d’éviter de tels déplacements forcés et de mieux protéger les personnes touchées. Les mesures et la pratique dans les domaines de la prévention des catastrophes, de l’adaptation au changement climatique et de l’aide humanitaire sont désormais intégrées dans les sommets mondiaux de l’ONU et de la Banque mondiale.

(de Genève)

 

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