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Théâtre: une Antigone résolument contemporaine

25 mai 2019, 15:54

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Théâtre: une Antigone résolument contemporaine

La Fondation Artis du Caudan présentera le 3 juin une adaptation de la pièce d’Anouilh et de Sophocle. Alessandro Chiara, le metteur en scène, parle de sa version inédite.

Le rideau se lève sur un enfant assis, tête baissée et un ouvrier à l’œuvre. Plus loin, un homme est à genoux, le front touchant le sol. «La guerre estelle finie ?» demande l’enfant. C’est ainsi que débute l’adaptation d’Antigone d’Anouilh et de Sophocle, qui sera proposée par la Fondation Artis, le lundi 3 juin au Caudan Arts Centre à Port-Louis. La mise en scène est signée Alessandro Chiara, qui est assisté par Stanley Harmon. Cette pièce est présentée dans le cadre de la formation section théâtre de la Fondation Artis du Caudan. «J’ai dit à Géraldine Hennequin-Joulia (NdlR : directrice de la Fondation Artis) qu’il serait intéressant que cette formation aboutisse à une représentation. C’est important pour les élèves de découvrir les étapes qui mènent à la représentation d’une pièce de théâtre. Il s’agit donc d’une pièce pas pour le public, mais devant un public», explique Alessandro Chiara.

Le regard que pose ce dernier, formateur et comédien depuis près de deux décennies, sur une Antigone rebelle, comme il se doit, est résolument contemporain. Toutefois, la trame reste la même. Les deux frères d’Antigone, Etéocle et Polynice se sont entre-tués pour accéder au trône de Thèbes. Créon, oncle d’Antigone est le nouveau roi. Il choisit de n’offrir de sépulture qu’à Etéole et pas à Polynice. Antigone décide de braver son interdit.

Pour la mise en scène de cette pièce, Alessandro Chiara a décidé de jouer avec les genres. Ce ne sont pas deux femmes, qui jouent les rôles principaux mais à l’instar des temps anciens, les rôles d’Antigone et d’Ismène ont été attribués à deux hommes, soit à Nouman Burthen et Adrien Beaugendre, neveu de Richard Beaugendre, chanteur qu’on ne présente plus. Le jeu des genres ne s’arrête pas qu’aux rôles principaux. Clémence Soupe, comédienne qui nous vient de France, se retrouve dans la peau de l’ouvrier, un rôle inventé par le metteur en scène. Ce rôle n’est pas le seul inventé. Il en va de même pour celui de l’enfant, tenu par le petit Diego Joulia. L’ouvrier se veut un personnage revendicateur de la classe ouvrière dans un univers royaliste tandis que l’enfant apporte une touche d’innocence à cette tragédie. Le rôle de Créon est interprété par Alessandro Chiara lui-même.

«Nous nous sommes appuyés sur ce qui  touche a la vie de tous les jours, au niveau national d’abord puis international.»

«J’ai demandé à Nouman et à Adrien ce que représentait Antigone pour eux dans la vie de tous les jours. Est-ce qui il y a des règles qu’ils trouvent absurdes et auquel ils n’adhèrent pas ? Oui, alors ça, c’est Antigone», explique Alessandro Chiara avant d’ajouter «qu’à partir de là, nous nous sommes appuyés sur ce qui nous touche à la vie de tous les jours, au niveau national d’abord puis international. C’est pour cela que dans la pièce, on parle du Printemps Arabe, de ce qui se passe au Venezuela et des gilets jaunes à Paris, soit ce ras-le-bol mondial vis de la classe politique».

Le ton est donné, le public devra s’attendre à une version sortie des sentiers battus d’Antigone. Ici, on parle français, mais pas seulement, la surprise est réservée au public. Et qu’en est-il du décor ? «Il sera sobre comme les pièces d’Anouilh», explique Alessandro Chiara. Dans la pièce du Caudan Arts Centre où les répétitions vont bon train, on retrouve un tableau d’Hitler et un tambour. «Cela fera partie du décor, mais je n’en dirai pas plus», souffle Alessandro Chiara. Surprise donc. Décidément cette pièce titille notre curiosité. À noter que les représentations sont prévues pour le 3 juin à 11 heures (matinée scolaire) et à 19h30 (grand public). Les billets à Rs 100 sont disponibles sur les sites Monticket.mu et caudanartscentre.com

Après la représentation, place à l’écriture

<p style="text-align: justify;">Après la mise en scène, Alessandro Chiara souhaite passer à une prochaine étape avec ses élèves de la Fondation Artis. <em>&laquo;Après la représentation, il s&rsquo;agira d&rsquo;écrire une pièce de théâtre&raquo;,</em> explique-t-il avant d&rsquo;avouer que lui et ses élèves ont déjà commencé le travail. <em>&laquo;Depuis un moment déjà, nous entamons des recherches sur l&rsquo;officier britannique, Nesbit Josiah Willoughby, qui joua un rôle décisif dans la bataille de Grand Port en 1810 et qui a, par la suite, connu un parcours peu ordinaire&raquo;</em>, explique-t-il. Toutefois, il faudra prendre son mal en patience pour la représentation de cette création mauricienne, qui devrait voir le jour d&rsquo;ici 2021.</p>

 

Autre date à retenir

<p style="text-align: justify;">Le 21 juin, ce sera au tour de la section musique de la<em> </em>Fondation Artis du Caudan de se mettre sous les projecteurs. Les élèves de cette section présenteront deux concerts, soit à midi au Caudan et en soirée à l&rsquo;Alliance française à Bell Village. <em>&laquo;Ce que l&rsquo;on veut montrer à travers ces concerts, c&rsquo;est la transmission, soit les formateurs, qui ont appris auprès d&rsquo;Ernest Wiehe et qui transmettent aujourd&rsquo;hui cette pédagogie à la jeune génération&raquo;, </em>explique Géraldine Hennequin-Joulia, directrice de la Fondation Artis. Parmi les formateurs de la section musique, on retrouve des artistes connus à l&rsquo;instar de Christophe Bertin, Patrick Desvaux, Dean Nookadu, et Marie Luce Faron. Le répertoire sera composé de morceau de jazz et sera d&rsquo;une durée de 55 minutes. Retenez la date.</p>

 

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