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Au Caudan Arts Centre: Véronique à la puissance deux

18 juin 2019, 06:11

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Au Caudan Arts Centre: Véronique à la puissance deux

«On est un peu blondes quand on est ensemble.» Grand éclat de rire de deux voix qui se retrouvent sur scène pour la toute première fois de leur longue carrière. Promis, on ne demandera pas leur âge. Ce qui compte, c’est l’excitation communicative de Véronique Forget, chanteuse de jazz, et de la soprano Véronique Zuël à l’approche de leur nouveau défi. S’accorder.

Véronique Forget et Véronique Zuël marcheront au jazz et au lyrique le samedi 29 juin prochain, au Caudan Arts Centre. La soirée Véroniques en accords commencera à 19 h 30.

Un air de deux camarades un peu dissipées. Surtout ne pas se fier aux apparences. «Nous sommes bien sérieuses aux répétitions», précise la soprano rompue à la discipline classique. De sa partenaire de chant, Véronique Zuël dit : «C’est une meneuse de foule. Je suis un peu plus une meneuse de coeur, celle qui fait pleurer, pleurer.» Les rires se chargent d’alléger l’atmosphère déjà guillerette.

Leur rencontre se passe d’abord à distance. «On se connaissait artistiquement», explique Véronique Forget. Effet miroir, l’autre Véronique taquine : «Nous n’étions pas au même collège. Je n’habitais pas à Vacoas.» Ce n’est pas un uniforme mais sans se concerter, toutes les deux sont habillées de petits motifs sur fond bleu marine. «C’est de la télépathie», sourit Véronique Zuël.

Comme on est à se raconter une histoire. Il était une fois, une soeur avec une solide expérience dans l’organisation de spectacles. «Un jour, au cours d’une conversation avec Adeline, on s’est dit que ce serait bien de mettre les deux Véroniques sur scène, surtout que nous avons deux genres très différents», se souvient Véronique Forget.

Faut-il beaucoup d’heures de travail pour qu’une voix jazz s’accorde à la tessiture d’une soprano ? Véronique Zuël explique qu’il y a d’abord eu l’étape des discussions. «On en parle depuis trois ans, mais il n’y avait pas de salle qui nous convenait à toutes les deux. Nous cherchions une salle intime et facile d’accès.» Voilà que le Caudan Arts Centre ouvre ses portes en décembre dernier. «Peut-être que le J&J Auditorium sera pour plus tard.» Plus qu’une allusion, serait-ce une indication ? Que sera sera…

L’autre accord qu’il a fallu trouver : celui des emplois du temps. Entre Véronique Forget qui vit à l’étranger (elle a chanté à Dubaï, puis en Belgique. Aujourd’hui, elle est en partance de Singapour pour s’installer à San Diego aux Etats-Unis) et Véronique Zuël qui est «très busy» entre la scène et les cours de chant à mi-temps. Les deux chanteuses ont d’abord passé des heures «devant l’écran», via Skype. «On se disait, ayo je n’ai pas beaucoup de temps, finalement on restait deux heures à se parler», se souvient Véronique Forget. «On a même essayé de répéter via Skype, ce qui n’est pas évident à cause du décalage. Je me disais, mais elle n’est pas dans le temps là. Et Véronique se disait sûrement la même chose».

Jusqu’à ce que Véronique Zuël «trouve un bon prétexte» pour prendre des vacances studieuses à Singapour. «On travaillait tous les jours jusqu’à minuit passé. On se mettait sur le balcon…les pauvres voisins», s’excuse-t-elle presque. «On s’est vraiment connues par le biais de ce spectacle», souligne pour sa part Véronique Forget. Pas en reste, sa partenaire de chant ironise : «On croit toujours que les gens du spectacle ne font que se bagarrer». Ce n’est sans doute pas pour rien que les deux divas pratiquent le yoga. Véronique Forget ajoute: «We are happy to let the other one shine. C’est la maturité».

Décidément espiègle, la soprano prend le ton de la confidence : «Mais on ne sait pas laquelle est la plus bossy des deux.» Ce qui a le don de faire rire l’autre Véronique. «Je suis une bossy silencieuse», minaude Véronique Zuël. Véronique Forget prévient : «Sous ses airs doux, elle aussi est bossy. Moi, je suis un peu plus rentre-dedans. Je veux des résultats plus vite».

«We are happy to let the other one shine». En gardant chacune son style.

Deux caractères bien trempés à accorder. Dès le départ, chacune tient à garder son répertoire, son identité vocale. Précisions de soprano: «Je ne vais pas faire de grands airs d’opéra. Il n’y aura ni Tosca, ni L’air des bijoux. Mais je parlerais d’une star du lyrique, je ne dirais pas qui. Ce sera du chant dans l’esprit de l’opéra. Ensuite je rejoindrais Véronique dans son répertoire. Et elle viendra vers moi.» Ce sera, selon Véronique Forget, un dialogue, «tout en gardant chacune son style». Ce qui, elle le concède, n’est pas «toujours facile». Car, Véronique Zuël brille dans les aigus alors que Véronique Forget est à l’aise dans les graves.

Plusieurs duos sont prévus, dont l’un sur le classique «I will wait for you», chanson de Michel Legrand extraite des Parapluies de Cherbourg. Le programme a aussi évolué vers les musiques actuelles, rassurent les deux voix. «Ce n’est pas du tout une moitié de concert lyrique et l’autre pour le jazz. On se mélange vraiment. Il y a du rock, de grands standards français, du jazz, des tubes actuels. Nous circulons dans tous les styles en pensant au public et aux chansons qu’il pourra reprendre avec nous.»

Avec ce concert, les deux Véronique s’essayent à la production. «Il y a une équipe qui nous épaule, mais c’est nous qui prenons le risque. C’est pour cela que nous ne voulions pas d’une trop grande salle», confie Véronique Forget. La touche originale viendra aussi, souligne-t-elle, de l’arrangement musical signé Olivier David.

A la question : «est-ce que vous reviendrez à Maurice pour un prochain concert ?», Véronique Forget répond oui spontanément. «Même si cela me prendra 24 heures pour arriver et une semaine pour me remettre du décalage horaire.»

 

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