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Shameem Korimbocus: «Deux agents secrets m’ont dit ‘We need to talk’»
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Shameem Korimbocus: «Deux agents secrets m’ont dit ‘We need to talk’»
Expulsé sans aucune raison officielle de Dubaï, Shameem Korimbocus est rentré au pays jeudi. Cela après avoir été détenu pendant trois jours à la prison centrale d’Al Awir de cet émirat. Des heures qui ont, affirme-t-il, changé sa vie à jamais : «La prison m’a fait comprendre l’importance de la liberté.» Le Facebooker a accepté de se confier à l’express et revenir sur les événements qui l’ont marqué.
Lundi 29 juillet. Shameem Korimbocus est interpellé à l’Al Rashidiya Police Station, où il avait été appelé à se présenter, vers 11 h 40. Il est fouillé et toutes ses affaires sont conservées dans un locker. Ce jour-là, il reste toute l’après-midi et la soirée au poste de police, raconte-t-il. Il passe par plusieurs départements pendant des heures sans que personne ne sache ce qui lui est reproché. Enfin, poursuit le Facebooker, dans la soirée, deux officiers lui lancent : «Come with us, we need to talk.»
«C’était des agents secrets qui roulent dans des Black GMC, des grosses voitures blindées. Cagoule sur la tête, je me suis demandé s’il se peut qu’il y ait une erreur au niveau du nom. Ils n’ont pipé mot de ce qui m’attendait (…). Lorsqu’ils m’ont enlevé la cagoule, j’étais dans un centre de détention. Une fois à l’intérieur, on a repris mes effets personnels pour les ramasser à nouveau dans un casier», détaille l’auteur de la page Facebook «La vérité qui pou dérange zot».
À la prison, ce dernier s’acquitte de cinq dirhams pour pouvoir passer un coup de fil à son épouse afin de l’informer où il se trouve. «La prison est tel un gymnase, avec 120 lits double pour plus de 200 détenus. Cela ne gêne pas les autorités qu’une bonne partie d’entre eux dorme à même le sol.» Il insiste qu’«aucun officier de la prison ne s’inquiète du sort des prisonniers. Nous avons un lieu pour faire le namaz. Sinon, zot nek ouver pou nou pran nou manzé.» Quoique, précise-t-il, lui, il n’a rien avalé durant les trois jours qu’il a passés au centre de détention parce qu’il n’avait pas faim.
«L’angoisse était là car je ne savais pas pourquoi je me retrouvais là-bas, dans ce qui semblait être un centre pour des sans-papiers», relate notre interlocuteur. «Il y avait beaucoup d’Indiens, de Pakistanais… Je n’avais aucune envie de parler, je n’avais qu’une idée en tête : de rentrer chez moi et de retrouver ma famille, car je n’étais pas dans l’illégalité.»
Après trois jours de détention, Shameem Korimbocus ne pouvait s’imaginer passer un jour de plus enfermé. «On m’avait fait deux propositions, soit que je paie pour mon expulsion ou que j’attende les procédures de l’État pour mon expulsion pendant plus d’une quinzaine de jours», nous disait-il en semaine. Finalement, ce père de famille a opté pour le retour forcé à Maurice, accompagné de son fils de 11 ans, et laissant derrière lui son épouse à Dubaï. «Ma liberté a un prix. Je suis marqué à jamais par cette histoire et je prie qu’aucun Mauricien ne soit victime d’une telle injustice.»
Le facebooker aperçu au congrès du PTr
<p style="text-align: justify;">Un jour après son arrivée, Shameem Korimbocus a assisté au congrès du Parti travailliste (PTr), hier, à Montagne-Longue. Est-ce à dire qu’il est membre du PTr ? Ou un proche des Rouges ? <em>«Lorsqu’un parti fait un congrès, ce n’est pas uniquement pour ses membres. C’est pour tous les Mauriciens»,</em> fait ressortir le principal concerné. De plus, il est passionné par la politique locale. S’il pourrait aussi bien se rendre aux meetings du PMSD et du MSM, il est cependant catégorique quant à ceux du MSM :<em> «Zamé mo pou met lipié laba apré seki mo finn pasé.»</em></p>
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