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Développement: des Agaléens réclament un emploi au port
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Développement: des Agaléens réclament un emploi au port
Sept cents. C’est le nombre de travailleurs indiens qui se trouvent à Agalega actuellement alors que la population locale est de 274 personnes. Le dernier contingent de 100 Indiens a débarqué dans l’île hier mercredi 7 août du Mauritius Trochetia. Depuis fin 2018, ce navire de la Mauritius Shipping Corporation Ltd, qui peut accueillir 108 passagers, est affrété par Afcons Infrastructure Ltd au moins une fois, voire deux fois, par mois pour transporter à chaque voyage un minimum de 80 ouvriers indiens. Cette firme de la Grande péninsule a été retenue par son gouvernement pour la construction d’une piste d’atterrissage de 3 km, soit la moitié de la superficie de l’île du Nord, d’une jetée, d’une tour de contrôle, entre autres bâtiments.
D’ores et déjà, l’artiste Arnaud Poulay soutient que des habitants sont frustrés du fait qu’il y a davantage d’étrangers que de locaux à Agalega. «D’autant que des locaux ont postulé pour participer au développement portuaire et aéroportuaire de leur archipel et sont toujours en attente d’une réponse», fait-il ressortir. C’est la raison pour laquelle des habitants enverront une lettre à la ministre de tutelle, Fazila Jeewa-Daureeawoo, et à la direction de l’Outer Islands Development Corporation dans les jours à venir pour leur demander l’assurance par écrit que des Agaléens obtiendront un emploi à l’aéroport, au port de leur archipel.
«Nous voulons aussi savoir si c’est le gouvernement indien, l’aviation civile ou Airports of Mauritius qui gérera l’aéroport», précise Arnaud Poulay. Par ailleurs, d’autres représentants des habitants qui témoignent sous le couvert de l’anonymat ainsi que l’artiste dénoncent le fait que les fréquents voyages du Mauritius Trochetia continuent d’exclure des Agaléens à son bord. Dont ceux venus se faire soigner à Maurice et qui doivent rentrer chez eux. «Le dernier bateau aurait pu aussi embarquer deux enseignants pour remplacer deux autres qui sont rentrés à Maurice pour des raisons médicales notamment. Afcons pé réfiz fer travay sosial ?» affirme un représentant des habitants.
Éducation
Pour lui, même s’il n’y a qu’une vingtaine d’élèves en primaire et secondaire à Agalega, il faut un enseignant pour chaque établissement du primaire – l’île du Nord et l’île du Sud. «On parle d’éducation pour tous. Agalega fait partie de la République. Mais on constate, au final, que le système éducatif d’Agalega n’intéresse personne. Alors que nous sommes à la veille de la rentrée scolaire, il manque deux enseignants, un du primaire et un du secondaire. Si c’était le cas à Maurice, on verrait déjà un sit-in», fustige le représentant.
Les deux interlocuteurs trouvent que la situation semble échapper au contrôle de Fazila Jeewa-Daureeawoo alors qu’«Afcons a obtenu un contrat sans passer par les procédures de l’Environment Impact Assessment». Le représentant des habitants rappelle que la dernière fois, Afcons avait demandé Rs 10 000 par passager, alors que normalement le voyage coûte Rs 8 000 par Agaléen. «Nous avions dû faire pression pour que la situation soit réglée, mais ce n’est pas possible que nous devions à chaque fois faire entendre notre voix. Si le gouvernement ne peut pas négocier avec Afcons, qui le fera ?»
De mystérieux drones
<p style="text-align: justify;">Arnaud Poulay raconte que des drones survolent une partie de l’île du Nord, surtout en soirée ou très tôt le matin, depuis avril. Ces appareils volants intriguent des habitants.<em> «J’ai appris qu’il y en a plusieurs qui sont pilotés de la terre ferme. Nous avons déjà interpellé l’ex-Resident Manager et il nous avait répondu que peut-être des Indiens font des prospections ou prend des mesures. “Mé tou sa paret sékré”.»</em></p>
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