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Deux ans pour privatiser les Casinos de Maurice

30 septembre 2019, 12:45

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Deux ans pour privatiser les Casinos de Maurice

Relancer les casinos de Maurice. C’est l’un des objectifs du gouvernement. Et pour y arriver, ce dernier se donne deux ans pour trouver des investisseurs. Surtout que les Casinos de Maurice sont dans le rouge. Des licences octroyées dans les années 2010, des promotions données à la va-vite auront contribué à cette chute. L’on dit toujours que c’est le casino qui gagne. Or, force est de constater qu’à Maurice, c’est le contraire.

Pourtant, vers la fin des années 2000, les anciens se souviennent des profits réalisés par ces entités. «En 2009-2010, le gouvernement a donné des licences aux autres casinos du pays. Et avec ces ouvertures, nos recettes ont diminué. Puis, des postes créés non conformément à notre collective agreement ont aussi contribué à nos pertes.» Justement, selon le dernier rapport financier datant du 31 décembre 2016, publié sur le site Corporate and Business Registration Department, Casino de Maurice Limited roule à perte.

Perte de Rs 28,2 millions 

Si son chiffre d’affaires est de Rs 140,3 millions (Rs 140 285 889), les bénéfices sont eux de l’ordre de Rs 103 millions (Rs 102 968 828). Par contre, le coût administratif est estimé à Rs 131,4 millions (Rs 131 391 831), qui est équivalent à 93,7 % du chiffre d’affaires des Casinos de Maurice. Au final, Casino de Maurice Limited reconnaît une perte de Rs 28,2 millions (Rs 28 204 456). 

Par ailleurs, le 9 juillet dernier, le Premier ministre a souligné au Parlement que l’État envisage de céder la National Insurance Company, la MauBank et les Casinos de Maurice au secteur privé. Mesures qui ont tout de suite fait réagir les principaux concernés. 

Justement, le mouvement syndical opte pour une restructuration plutôt qu’une privatisation. Pour le président de la Casino Employees Union, Satish Rughoobur, il faudrait rectifier les anomalies découvertes.

«Que les employés soient récompensés pour leur travail. On ne comprend pas comment les anciens employés perçoivent moins que les nouveaux.» Satish Rughoobur parle même d’une éventuelle manifestation programmée jusqu’à la fin de cette semaine.

Présence qui intrigue

Toutefois, au niveau du gouvernement, l’on pense à l’avenir. Selon une source, l’État commence déjà à travailler sur un programme sur deux ans. C’est le temps fixé pour trouver des investisseurs qui prendront en charge les quatre casinos de Maurice.
 
Néanmoins, depuis peu, un homme d’affaires qui appartient déjà au milieu du jeu et est proche du pouvoir, a été aperçu dans les locaux du casino de Curepipe. Sa présence intrigue. «Son nom revient souvent lors des conversations entourant la privatisation des casinos.»

Au niveau de la State Investment Corporation (SIC), responsable des Casinos de Maurice, l’on s’attend à un retour d’ascenseur dans le milieu après un investissement de Rs 50 millions fin 2018. «Cette somme a été investie dans de nouvelles machines, tables et autres infrastructures. On espère maintenant récolter les fruits», soutient un cadre de la SIC. Et pour conforter cet exemple, il avance que le casino du Caudan a recommencé à rapporter. «Actuellement, le casino du Caudan et celui du Grand Domaine sont ceux qui rapportent le plus.»

Pour la petite histoire, la privatisation des casinos est une «vieille» rengaine. On se souvient qu’en 2012, à la suite d’un exercice d’expression of interest, plusieurs pays – allant de l’Afrique du Sud, à la France, l’Angleterre, l’Australie ou l’Inde – avaient manifesté leur intérêt. Lors d’un autre exercice en 2017, une firme sud-africaine avait aussi signifié son intérêt pour l’achat des quatre casinos de Maurice, à savoir ceux du Domaine les Pailles, du Caudan, de Curepipe et de Grand-Baie. Mais rien de concret n’en était ressorti.

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