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Guerre des symboles: Ganoo et Barbier se battent à coups d’affidavits

8 octobre 2019, 15:50

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Guerre des symboles: Ganoo et Barbier se battent à coups d’affidavits

La guerre pour s’octroyer le nom et le symbole d’un parti ne date pas d’hier et elle revient sur le tapis à la veille  de chaque élection… ou presque. Cette fois, c’est le Mouvement patriotique (MP) qui est monté sur le ring. Yasin Hamuth, proche d’Alan Ganoo, qui aurait enregistré le MP en son nom, lui a donné l’autorisation d’utiliser le nom, la couleur et le symbole du MP, qui est la rose. Par l’entremise de Me Nutanesvara Ramasawmy, il a donc fait servir une mise en demeure  à Jean-Claude Barbier età Atma Bumma pour leur interdire d’en faire usage. Mais ces derniers ont répliqué par une autre mise en demeure aujourd’hui, mardi 8 octobre.

Dans le document, Jean-Claude Barbier souligne que le MP est un parti politique et non une entité légale. Il avance que Yasin Hamuth, qui avait déposé le nom et qui est l’ancien président d parti, n’est plus membre de la formation politique et qu’il ne participe plus aux activités politiques depuis décembre 2017. De ce fait, il ne peut donner l’autorisation pour l’utilisation du nom et du logo du Mouvement Patriotique.

Après avoir exposé ces arguments, la formation menée par Jean-Claude Barbier demande à Alan Ganoo et Tania Diolle de cesser d’utiliser le patronyme du parti car ils en ont été expulsés pour n’avoir pas suivi la décision du bureau politique en ce qui concerne l’alliance avec le PTr.

Alan Ganoo revendique la paternité du MP

Rencontrant la presse, hier, lundi 7 octobre, Alan Ganoo a confirmé que c’est bien Yasin Hamuth qui a créé le logo du MP et fait enregistrer le parti. «C’est lui seul qui peut autoriser quelqu’un d’autre à utiliser l’appellation MP et son logo.» Si Jean-Claude Barbier et Atma Bumma persistent à utiliser l’appellation MP, dit-il, il demandera à Yasin Hamuth d’avoir recours à une injonction.

Répondant à une question hier, Alan Ganoo a indiqué que ses amis et lui n’ont pas convoqué la presse au siège du MP à Quatre-Bornes car il avait des renseignements selon lesquels des personnes proches du tandem Barbier-Bumma s’y trouveraient. Mais de son côté, Atma Bumma dit avoir passé beaucoup de temps à créer ce logo.

Pas le premier cas

Tout laisse croire que cette affaire finira en cour, comme ce fut le cas pour le Mouvement militant mauricien (MMM) en 1993 et le Parti mauricien social-démocrate (PMSD) en 1998 et en 2000. En 1993, le MMM est au gouvernement dans une alliance avec le MSM.

Paul Bérenger est expulsé le 14 août 1993 mais des parlementaires, dont le leader d’alors Prem Nababsing, Jean- Claude de l’Estrac et Dhramanand Fokeer, décident de rester au gouvernement. La cassure survient en octobre quand le BP mauve décide de démettre Paul Bérenger de ses fonctions de secrétaire général. Le comité central, une semaine après, renverse la décision du BP et expulse Prem Nababsing, entre autres. Du coup, la paternité du parti est au centre d’une bataille. L’affaire va en cour mais, finalement, Paul Bérenger, Alan Ganoo, entre autres, sont autorisés à utiliser le nom du MMM et le symbole coeur.

Swaley Kasenally se souvient de l’épisode. Il rappelle que le leader du MMM avant la cassure était Prem Nababsing et le président Dharmanand Fokeer. Pourtant, Paul Bérenger avait obtenu gain de cause car ce qui compte, c’est la personne qui est à l’origine de la création du parti. Il estime que les électeurs pensent plutôt au leader qu’à un symbole. «C’est le leader qui fait un parti.»

En 1996, après le décès de sir Gaëtan Duval, son frère Hervé prend possession du PMSD. Xavier-Luc Duval, après avoir fait partie du gouvernement MSM en 1995, estime que le symbole coq doit lui revenir. Mais en cour, c’est Hervé Duval qui obtient gain de cause. Xavier- Luc Duval crée alors le Parti mauricien Xavier Duval. En 2000, la guerre s’est déclarée cette fois entre Xavier Duval et Maurice Allet. Ce dernier a fait une alliance avec le MSM et le MMM, utilisant le symbole coq. Xavier Duval se trouve dans l’obligation d’utiliser le symbole cheval dans son alliance avec le Parti travailliste. Ce n’est qu’en 2008 que Maurice Allet et Xavier-Luc Duval décideront d’enterrer la hache de guerre. Mahmad Kodabaccus et Azad Domun estiment que le symbole compte beaucoup dans le contexte d’une élection. «Nombreux sont les Mauriciens qui reconnaissent le PMSD par son symbole coq et c’est la raison pour laquelle il y a eu ces batailles juridiques.»

 

«Des décisions prises dans l’illégalité…»

<p style="text-align: justify;">Yasin Hamuth, vice-président du parti, qui a choisi le MP d&rsquo;Alan Ganoo, a fait servir une mise en demeure à Jean-Claude Barbier et Atma Bumma, hier. Dans ce document de cinq pages, dont <em>l&rsquo;express</em> détient une copie, il est indiqué que le MP, la nouvelle force, et le logo sont enregistrés légalement à l&rsquo;Industry Property Office depuis 2015. Il est ainsi stipulé : &laquo;<em>As lawful proprietor, I gave expressly my permission, consent and/or authorization to the said Alan Ganoo as President of the political party to make use of the aforementioned mark and its logo. At no point in time did I give permission to any other member of the political party to make use of the mark and logo.&raquo;</em> Selon Yasin Hamuth, au vu des divergences au sein du parti, Jean-Claude Barbier et Atma Bumma et d&rsquo;autres membres prennent des décisions dans l&rsquo;illégalité. Surtout qu&rsquo;il y a eu une tentative, le 6 octobre, d&rsquo;expulser Alan Ganoo et <a href="https://www.lexpress.mu/video/362125/jean-claude-barbier-cest-tania-diolle-qui-pousse-alan-ganoo-prendre-cette-decision">Tania Diolle</a> du MP.</p>

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