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Meurtre de Jamal Khashoggi: cinq Saoudiens condamnés à mort, des cadres pas inquiétés

23 décembre 2019, 12:30

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Meurtre de Jamal Khashoggi: cinq Saoudiens condamnés à mort, des cadres pas inquiétés

Au total 11 personnes avaient été écrouées pour le meurtre du journaliste saoudien, Jamal Khashoggi. Lundi 23 décembre, cinq Saoudiens ont été condamnés à mort alors que le proche du prince héritier Mohammed ben Salmane, Saoud al-Qahtani, n’a pas été inquiété et l’ex no. 2 des services de renseignement, le général Ahmed al-Assiri a été acquitté.

Dans une première réaction, Reporters sans Frontières, a décrié ce procès à huit clos. «La justice a été bafouée», a dénoncé son secrétaire général, Christophe Deloire.

Pour Reporters sans Frontières, le procès n’a pas respecté «les principes internationalement reconnus de la justice» et cette condamnation pourrait être «un moyen de faire taire à jamais des témoins de l'assassinat», selon Christophe Deloire.

«On peut s’interroger sur le caractère discrétionnaire de ces décisions», a poursuivi Christophe Deloire. «On espère bien que l'Arabie saoudite va se rattraper avec un procès en appel public, et des preuves. Ce n'est pas en rendant la justice de cette manière que le royaume va reconstruire son image.»

Joint d’Istanbul, le rédacteur en chef du Turkish Daily Sabah, a déclaré à Al Jazeera, que ce verdict porte atteinte à la crédibilité de ce procès. «Le fait que plusieurs personnalités de haute facture n’aient pas été inculpés laisse planer le doute sur ce procès et l’on se demande si les condamnés ne sont pas finalement des boucs-émissaires», soutient Mehmet Celik. Ce dernier insiste également sur le fait qu’il y a des preuves soulignant que des coups de fil ont été passés entre les meurtriers et Qahtani.

«La cour a condamné les cinq Saoudiens qui étaient directement impliqués dans ce meurtre», a pour sa part insisté le procureur, Shalaan al-Shalaan. Ce dernier a ajouté qu’il n’y avait pas de preuves suffisantes contre al-Qahtani et al-Assiri.

La cour a également soutenu que le consul général saoudien à Istanbul, Mohammed al-Otaibi, n’était pas coupable. La station de télévision nationale a ainsi indiqué qu’il a été relâché sitôt le verdict prononcé.  

Trois autres suspects avaient été écroués pour ce meurtre. Ils avaient été condamnés à des peines totalisant 24 ans.

Ce procès a été entendu dans un secret total. Seuls quelques diplomates, notamment ceux de la Turquie et des proches de  Kashoggi ont été autorisés à y assister.

Pour rappel, le journaliste, collaborateur au Washington Post, était connu pour ses critiques contre le prince Mohammed ben Salmane. Il s’était exilé aux Etats-Unis où il avait obtenu l’asile politique. Il devait se marier et donc récupérer des documents pour ce faire au consultat. Mais il n’y est jamais ressorti le 2 octobre 2018.

Pourtant, des vidéos d’une personne portant ses vêtements quittant le bâtiment avaient divulguées. Ce qui laisse croire à un meurtre bien planifié.

Plus tard, l’on apprendra que son corps a été démembré par une équipe de 15 hommes venus de Ryad dans le consulat du royaume à Istanbul, selon les responsables turcs. Ses restes n'ont jamais été retrouvés.

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