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Kaviraj Appadu: «Maurice a beaucoup à gagner d’une coopération renforcée avec la Suède»

18 janvier 2020, 13:56

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Kaviraj Appadu: «Maurice a beaucoup à gagner d’une coopération renforcée avec la Suède»

Établi en Europe depuis 1980, Kaviraj Appadu, cadre de l’agence suédoise pour le développement, revient souvent à Maurice. À 62 ans, il envisage de venir mettre ses compétences au service du pays.

Cela fait plus de trois décennies que le Mauricien, expert en coopération internationale formé en économie et en sciences sociales, travaille pour la Swedish International Development Agency. L’institution relève du ministère suédois des Affaires étrangères. Elle est responsable de l’aide gouvernementale suédoise aux pays en développement.

Mais où en est la coopération entre Maurice et la Suède ? Kaviraj Appadu explique que le pays scandinave, un important pourvoyeur d’aide au développement, canalise ses ressources vers des organisations multilatérales. Toutefois, des actions sont possibles sur le plan bilatéral entre des organisations autonomes. «Pour y par venir, il faudrait approfondir les relations entre nos deux pays. Maurice a beaucoup à gagner d’une coopération renforcée avec la Suède.»

Kaviraj Appadu n’attend pas ses séjours à Maurice pour découvrir les réalités locales. «Chaque jour, je lis tous les journaux mauriciens en ligne et j’écoute les radios», confie notre compatriote resté attaché à son village natal : Surinam.

Kaviraj Appadu estime que le pays a su réussir son développement. «On est passé d’une monoculture agricole à une économie diversifiée, tout en instaurant maintenant l’État-providence. C’est un achievement.»

Toutefois, Kaviraj Appadu fait une mise en garde : «Il faut maintenant savoir s’adapter au contexte, sans cesse en évolution, et ce n’est jamais facile de gérer l’État-providence.» Notre invité précise qu’il y a toujours de nouveaux besoins. «Par exemple la notion de Decent housing évolue. Aujourd’hui on doit prévoir des panneaux solaires, et il faut penser à la connectivité.»

En ce moment, notre compatriote s’occupe du soutien suédois aux pays en développement dans le contexte du commerce international. De cette position, il analyse les réalités du pays. «Maurice est une économie ouverte, elle est confrontée à plusieurs défis.» L’expert explique que notre population est vieillissante et que le pays connaît un exode de compétences.

À cela, viennent s’ajouter le défi de la sécurité alimentaire et celui de la dégradation de l’environnement. «Maurice importe toutes les denrées de base consommées par sa population. Cela devrait être une préoccupation. On peut être une économie ouverte sans pour autant mettre en péril la sécurité alimentaire.»

Quant à la qualité de l’environnement, elle a encore plus de poids en raison de l’importance du secteur touristique, rappelle l’observateur. «Ne devrait-on pas penser à créer à travers l’île des espaces pour randonnées et des pistes cyclables propres et entre tenues ?» se demande Kaviraj Appadu. «Les touristes recherchent un environnement de qualité», ajoute-t-il.

De telles propositions, notre interlocuteur les a déjà faites aux autorités d’autres pays en développement. En fait, étant un fonctionnaire souvent en détachement, Kaviraj Appadu a été en poste dans plusieurs pays.

C’est ainsi qu’il a, au début des années 90, passé trois ans au Soudan. Puis il s’est retrouvé à Bruxelles, avant d’être affecté successivement à Azerbaïdjan, en Arménie, en Géorgie et en Irak. Ensuite, c’est retour en Suède pour repartir à Paris auprès de l’Unesco. L’avant-dernière affectation de Kaviraj Appadu l’avait rapproché du pays. Il avait été détaché auprès de l’antenne de l’Organisation inter-nationale du travail, à Pretoria.

Kaviraj Appadu a fait du chemin, depuis les réunions d’animation ciblant les étudiants en mai 1975. Il se souvient encore des réflexions menées par les Steve Obeegadoo, Jocelyn Chan Low et autres Malenn Oodiah. C’est sans doute dès ces moments-là qu’il s’est senti interpellé par les inégalités. «J’ai eu la chance, par la suite, de pouvoir, par mon travail, contribuer à réduire les inégalités dans des pays en développement.»

A-t-il un projet d’avenir ? «Je continue mon travail de soutien au développement. Dans trois ans, j’atteins l’âge de la retraite. J’aurais souhaité pouvoir mettre l’expérience que j’ai acquise au service de mon pays.»

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