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Loyer mensuel de Rs 50: «Mo bien boulversé kan mo koné mo bizin kité»

8 mars 2020, 14:00

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Loyer mensuel de Rs 50: «Mo bien boulversé kan mo koné mo bizin kité»

«Tan ki mo kav konbat pou mo bann drwa, mo pou fer li.» Il a 70 ans et il se bat devant la Justice pour pouvoir rester dans un bâtiment qu’il loue depuis un demi-siècle. Sydney Seeparsad Labutoola – qui loue aux frères Poonaden et Manonmanee Ramsamy un bâtiment à étage situé sur la route principale, à Mahébourg, et dont le loyer est fixé à Rs 50 – ne compte pas se laisser faire. «Je travaille là-bas depuis 50 ans, pas 30 ans. Grâce à cela, j’ai pu élever mes trois frères et ensuite mes quatre enfants», avance-t-il.

Pour rappel, les propriétaires, les frères Poonaden et Manonmanee Ramsamy, avaient saisi la cour de district de Grand-Port en 2017 afin de récupérer leur bâtiment, qui, selon eux, est en «décrépitude». Mais ils ont du mal à faire évacuer leur locataire, qui y travaille depuis des années. L’affaire sera de nouveau entendue le 1er avril…

En attendant, nous sommes allés à la rencontre de Sydney Seeparsad Labutoola. Le bâtiment qu’il loue ressemble aux petites boutiques de la capitale. Sur les murs, sont collées des affiches qui datent de plusieurs années. Les portes en bois antique peintes en bleu marine témoignent du temps passé. Toutefois, bien que le bâtiment respire la vieillesse, il a l’air d’être bien entretenu.

«Mo bann frer inn vinn aprann métier ar moi isi. Mem mo garson inn aprann bokou kitsoz isi. Il y a bien trop de souvenirs pour partir comme ça», soutient le septuagénaire. Il se rappelle encore la première fois quand il a loué le bâtiment d’un vieil homme «très gentil».

C’était «lépok margoz». Sydney Seeparsad Labutoola avait 21 ans. «J’avais fait de la pêche ma profession. On vivait avec mon père et mes quatre frères. Ma maman était décédée quand j’étais encore un enfant», raconte-t-il. Toutefois, lorsque son père meurt, il décide de s’occuper de ses petits frères. «Je ne pouvais pas dépende uniquement de la pêche. Parski lamer pa bon tou létan. J’ai donc appris autre chose. Et j’ai repéré cet endroit pour réparer des bicyclettes et faire un peu de charpenterie.»

À cette époque, relate-t-il, le propriétaire louait le bâtiment à Rs 12. Au fil des années, le montant a augmenté, s’élevant à Rs 50 par mois. «Sa lépok-la, Rs 12 ti bokou (…) É zamé mo’nn an rétar dan mo payman. Mem ziska aster, Rs 50 la mo pay li an avans tou.»

Sydney Seeparsad Labutoola déplore par ailleurs avoir dépensé beaucoup d’argent pour rénover le vieux bâtiment. «Il me dit que je dois quitter les lieux, mais qu’on me dédommage pour tout ce dont j’ai dépensé sur les lieux. Li difisil mem pou alé ek tou sa souvénir-la anplis».

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