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Michel de Spéville: la réussite d’un drôle d’oiseau
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Michel de Spéville: la réussite d’un drôle d’oiseau
Rentrer dans l’intimité d’un grand patron. Celui de Michel de Spéville, fondateur de Food and Allied Limited, aujourd’hui le groupe Eclosia. L’entendre raconter qu’au tout début, on disait aux employés, «To pe al tir caca poule cote Michel de Spéville».
Qu’est-ce qui fait qu’il a persévéré, mais surtout réussi? Michel de Spéville a-t-il trouvé la poule aux œufs d’or? Réponses dans la biographie d’Alain Gordon-Gentil. La passion en héritage, vient de paraître chez Pamplemousses Editions.
À plus de 80 ans, celui qui tient toujours à être mis au courant des projets du groupe, affirme que dans le monde des affaires: «Il ne faut pas venir faire le grand mari et la morale, emmerder ou froisser.»
Le biographe lui lance «on entend souvent parler de dynastie en politique, mais l’accession de votre fils Cédric à la tête du groupe ne relève-t-elle pas d’un pouvoir dynastique?» Avec aplomb, Michel de Spéville répond: «Oui.» Avant d’ajouter: «Je ne vois pas pour-quoi une telle dynastie serait mauvaise. Celui qui vient, Cédric (...) est imprégné des valeurs de l’entreprise.» Le biographe insiste: «Si l’un de vos collaborateurs venait vous dire: ce n’est pas normal que ce soit votre fils qui vous succède, que lui répondriez-vous?» Michel de Spéville répond: «Je lui demanderais de m’expli-quer pourquoi ce n’est pas normal.»
L’homme se plaît à répéter qu’il a toujours eu un but et qu’il n’en a pas dévié. Il affirme n’avoir jamais senti le poids des responsabilités. En 1975, le comptable auditeur quitte son poste chez De Chazal Du Mée pour se consacrer à son entreprise. Sa première ferme produit «400 poulets par semaine».
Au cours de sa longue carrière, Michel de Spéville se souvient avoir «beaucoup échangé» avec des hommes politiques. «Je dis la vérité quand je leur parle», affirme-t-il. Il constate: «Le monde change (...) Les gens font des choses qu’ils n’auraient pas envie de faire.» Avec l’air de ne pas y toucher, Michel de Spéville raconte alors avoir lu l’interview «d’une prostituée à Paris qui expliquait comment elle en était arrivée à faire ce métier (...) mais que c’était pour pouvoir assurer un avenir à ses enfants».
Cette biographie en trois parties a démarré par une enquête, explique Alain Gordon-Gentil. Il a interrogé des collaborateurs, fouillé les archives, relu les discours de Michel de Spéville. En 1979, «il parle déjà de sécurité alimentaire. C’était visionnaire», note-t-il. Suivent des entretiens, tous les mercredis, pendant un an. «Michel de Spéville est un homme atypique. Tout ce qu’on lui a dit de ne pas faire , c’est exactement ce qu’il a fait.»
Le biographe cite l’épisode de la création du Labourdonnais Waterfront Hotel. «On lui a dit, qui va faire 10 000 kilomètres, pour être logé près du bazar de Port-Louis? On lui a dit que jamais l’hôtelle-rie de ville ne marcherait.»
C’est la première fois, affirme Alain Gordon-Gentil, qu’il raconte la vie d’un homme d’affaires. Au départ, Michel de Spéville était très réticent. «Sa hantise c’est de passer pour un donneur de leçon. Cela a pris un an pour le persuader.»
*La passion en héritagebiographie de Michel de Spéville est disponible en librairie à Rs 650.
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