Publicité

Langues étrangères: le mandarin dans les cordes des Mauriciens

10 mars 2020, 17:21

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Langues étrangères: le mandarin dans les cordes des Mauriciens

Chinese Speaking Union

«En l’espace de deux semaines, plus de 70 personnes se sont enregistrées pour les cours de mandarin cette année-ci», nous fait part Daniel Hung Leung Sang, membre de la Chinese Speaking Union. Les classes, qui ont débuté le 2 mars, sont au complet. En effet, les formateurs en mandarin ont constaté que la demande pour apprendre les rudiments de cette langue a augmenté (les apprenants étaient au nombre de 50 l’an dernier). Que ce soit pour les cours d’apprentissage dans les établissements de l’île, tels que le Centre culturel chinois, à Port-Louis, où chez les particuliers, les Mauriciens, toutes origines ethniques confondues, affichent leur envie de maîtriser la langue, parlée par plus d’un milliard de locuteurs natifs.

Pour la Chinese Speaking Union, le mandarin est une langue à transmettre à tous les Mauriciens. Elle reçoit tous les ans des professeurs de mandarin venant de Chine pour dispenser des cours gratuitement aux Mauriciens. «Les Mauriciens sont très intéressés à apprendre le mandarin», constate Daniel Hung Leung Sang. «Nous donnions des cours une fois la semaine uniquement les dimanches, à la Chinese Culture House, à Baie-du-Tombeau, mais à cause de la demande croissante, nous offrons également des cours les samedis, au collège N. Saddul, à Vacoas.»

Ces cours de huit mois, qui prennent fin en novembre, sont très prisés pour des raisons distinctes. «Ce sont des commerçants et autres hommes d’affaires qui se mettent au mandarin, pour interagir avec leurs interlocuteurs lorsqu’ils partent en Chine pour le business. Mais aussi, nous avons des Mauriciens qui ont de la famille en Chine et qui souhaiteraient rendre la communication plus facile.»

Centre culturel chinois

Du côté du Centre culturel chinois, les cours de mandarin ont le même succès, que ce soit du côté des débutants ou chez ceux qui ont un niveau plus avancé. Tout comme chez la Chinese Speaking Union, les éducateurs du centre culturel viennent de Chine. «C’est l’ambassade de Chine qui fait la demande de professeurs», nous dit un membre du Centre culturel chinois. Par chance, ces derniers sont arrivés à Maurice en janvier. Ils ont pu échapper à la quarantaine découlant de la menace du Covid-19, ce qui aurait pu les empêcher d’enseigner. Bien qu’ils soient payants, ses cours intéressent beaucoup de Mauriciens qui souhaitent faire carrière dans la traduction et dans l’enseignement. «En ce qui concerne l’âge, cela dépend. Nous avons même un élève âgé de 70 ans!»

L’enseignement privé

Les éducateurs privés font également un carton. Basée dans le sud-est de l’île, Jasmine Wan reçoit des Mauriciens à son domicile pour des cours de mandarin. Cette dernière, avant de venir vivre à Maurice, enseignait le mandarin en France. «Enseigner le mandarin rapporte pas mal à Maurice», souligne la jeune femme. «Beaucoup sont fans de la culture chinoise et apprennent la langue pour se rapprocher plus de cet univers, tandis que d’autres apprennent le mandarin pour leur travail.»

Même son de cloche du côté d’Alina Yang, qui offre, quant à elle, des cours à Beau-Bassin. «Nous nous organisons dépendant de la disponibilité de nos élèves», souligne notre interlocutrice. Les cours ont généralement lieu les weekends et sont uniquement pour les adultes, pour le moment. Alina Yang envisage bientôt d’ouvrir une école de mandarin. «Le processus est en cours. Après avoir obtenu toutes les licences et papiers, nous nous organiserons.»

L’éducation formelle

Du côté des établissements scolaires, le mandarin – ainsi que plusieurs langues étrangères telles que l’hindi et l’urdu – est enseigné dans les écoles primaires. En ce moment, plus de 25 écoles primaires enseignent le mandarin. Un accord est passé fréquemment entre le ministère de l’Éducation et la Chine pour que le pays reçoive des instituteurs chinois pour enseigner le mandarin. «Les parents sont toujours aussi intéressés à faire leurs enfants apprendre le mandarin», nous fait part une enseignante d’une école primaire basée dans le centre de l’île.

Dans le secondaire, ce ne sont pas tous les établissements qui enseignent le mandarin. Parmi eux, on retrouve le collège Royal de Port-Louis, celui de Curepipe et le collège Queen Elizabeth, ainsi que le Lycée La Bourdonnais, entre autres. Les cours sont offerts aux élèves de Grades 10 à 13.

Dans les établissements universitaires, l’apprentissage du mandarin est très prisé, spécialement dans les écoles de gestion hôtelière. Larisha Soomaroo, qui étudie pour un Bachelor en International Hotel Management à l’établissement Vatel, a fait le choix d’apprendre le mandarin. «Connaître cette langue est un plus», souligne-t-elle. «Surtout pour ceux qui sont dans l’hôtellerie et le management.»

Le mandarin, auparavant optionnel, est désormais obligatoire à cet établissement. «Faire acte de candidature à un poste de traducteur ou pouvoir faire un check-in dans un hôtel en mandarin me démarquerait d’un autre employé non sinophone.»

 

Publicité