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Le Grand Raid 2012 à La Réunion - Kilian Jornet et Emilie Lecomte inaccessibles !
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Le Grand Raid 2012 à La Réunion - Kilian Jornet et Emilie Lecomte inaccessibles !
L’Espagnol Kilian Jornet, 24 ans, numéro 1 mondial du trail, et qui avait décroché le week-end dernier à Bornéo (Malaisie) son cinquième titre de champion du monde de Skyrunning, a encore une fois brillé et fait preuve de talent à l’occasion de ce Grand Raid 2012.
Pour lui aussi, ce fut un rendez-vous historique puisqu’il a dépassé les 24 heures de course dans cet ultra-trail, spécialité qu’il connaît et maîtrise pour avoir déjà remporté à trois reprises l’Ultra-trail du Mont-Blanc en 2009, 2010 et 2011. A 23h33, c’est en toute décontraction qu’il progressait sur la route de la Montagne. Le champion catalan prenait plaisir à rencontrer ses supporters avant de prendre la route vers le Colorado (pk 165) et le stade de la Redoute.
Il regrettait alors que son compatriote Iker Karrera ait été contraint à l’abandon et rendu son dossard à Sans Souci (pk 129) vendredi à 19h06. Ils avaient créé l’événement plusieurs kilomètres durant en avançant en binôme au point où d’aucuns parlaient d’entente entre les deux Espagnols.
Les 2 663 coureurs engagés dans la vingtième édition du Grand Raid de La Réunion ou Diagonale des Fous étaient partis à l’assaut des sentiers jeudi à 22h00 dans une ambiance de folie au Cap-Méchant, Saint-Philippe. 
Trois hommes en tête
A 5h vendredi matin, les premiers coureurs avaient parcouru près de 35 km depuis le départ de Saint-Phillippe au Cap Méchant. Le trio de tête était composé de deux Espagnols - Iker Karrera et Kilian Jornet - et d’un Français, Michel Lanne, auteur d’une belle remontée depuis Chalets de Pâtres (entre pk 42 et pk 53) pour rattraper les Espagnols.
A Marla (entre pk 81 et pk 88) vendredi à 9h26, Iker Karrera se permettra même de passer avec deux minutes d’avance sur un Kilian Jornet qui semblait alors marqué par l’effort et pas dans la meilleure forme de sa vie. Mais c’était loin d’être un tournant dans cette 20e édition. Une simple gestion de la course du grandissime favori. Puisque douze minutes plus tard le duo de tête s’était recomposé. Les deux hommes prenaient le temps de se restaurer ensemble avant de repartir et de poursuivre leur course d’équipe. Jornet redevenait du coup favori de l’épreuve. Au sujet de son retard à Marla, il dira : « Dans le Taïbit (pk 81), j’ai souffert de la chaleur mais après j’ai bien récupéré. » Ils faisaient toujours route ensemble à La Plaque à 11h32, à l’approche du pk 100.
Une association « naturelle » qui n’avait rien de réfléchie et au sujet de laquelle Iker Karrera fera une mise au point vendredi en début d’après-midi à force d’avoir entendu parler du « pacte » entre Kilian Jornet et lui : « Je fais ma course. C’est long et difficile. Kilian fait la sienne. Ce n’est pas ce que les gens disent qui est important, c’est la course qui mettra chacun à sa place. »
Il avait vu juste. Si à 14h38 vendredi, les deux Espagnols pointaient à Roche Plate (pk 109) et poursuivaient leur aventure en commun vers la ligne d’arrivée, les choses allaient évoluer différemment durant les 20 kilomètres les séparant de Sans Souci (pk 129). Kilian Jornet y pointait à 18h04. A 18h52, Iker Karrera lui n’y était toujours pas arrivé. C’est là qu’il choisira de rendre son dossard à 19h06. Kilian Jornet filait alors tout seul vers la ligne d’arrivée au Stade de la Redoute. Rien ne semblait pouvoir l’empêcher désormais de décrocher une deuxième victoire sur la Diagonale des Fous.
Sur le coup de 16h, Karrera avait bien tenté de remonter, après une longue pause, pleine d’incertitudes et douleur. Mais Kilian Jornet était parti comme une fusée et entamait déjà la montée vers Maïdo Tête Dure (pk114), 3,200 km et 755 mètres de dénivelé positif depuis la Brèche jusqu’à ce sommet. Une vingtaine de marcheurs et de coureurs amateurs l’accompagnaient pour le pousser jusqu’au bout de l’effort.
Peu après 18h, la tête de la course était composée de Kilian Jornet, Iker Karrera et Antoine Guillon. Kilian Jornet comptait 45 minutes d’avance sur Iker Karrera qui avait lui 20 minutes d’avance sur Antoine Guillon. Mais le podium de cette course était loin d’être jouée.
Car Antoine Guillon allait rattraper son retard sur Iker Karrera et lui subtiliser la deuxième position. Il pointait à 19h05 à Sans Souci et Iker Karrera une minute plus tard à 19h06. Il avait été devancé par Erik Clavery aussi à Sans Souci et après avoir longtemps mené la course, il était désormais en quatrième position et avait du mal à continuer. Il ne repartira pas.
La fusée Jornet
En tête, Kilian Jornet se sentait pousser des ailes. Peu avant 19h30, il attaquait la dernière difficulté avant la conclusion de cette vingtième Diagonale des Fous. Il était le seul à avoir pointé à Rivière des Galets et il lui restait une dernière côte entre la Fenêtre et le Colorado à franchir avant d’entreprendre la descente vers la délivrance au Stade de la Redoute (pk 165).
Une heure après, la fusée espagnole était sur le point d’arriver à La Possession (pk 149). Une bouffée d’air frais, si l’on peut dire, avant la dernière grande montée du Colorado et la descente vers le Stade de La Redoute, porté par la ferveur populaire grandissante. Des dizaines de supporters étaient massés sur les routes pour l’acclamer.
A 5h vendredi matin, l’écart s’était déjà considérablement creusé chez les femmes avec 23 minutes qui séparaient les deux premières féminines. L’utra-traileuse Emilie Lecomte, toujours en première position, était suivie de Karine Herry, la vainqueur de 2011. La Française, vainqueur du Grand Raid en 2009 (Ndlr : 32e au scratch), semblait avoir pris le large et avoir une sérieuse option sur la victoire finale.
Au pointage du Bloc (pk 71), Emilie Lecomte avait repris de l’avance sur Karine Herry. Si au pointage précédent l’écart était de quinze minutes, il était passé à vingt-quatre. Néréa Martinez, troisième, avait également perdu beaucoup de temps.
Emilie Lecomte s’est déjà illustrée cette année en battant de plus de 9 heures le record féminin du GR20 qui traverse la Corse du nord au sud. Propriété de Stéphanie Samper depuis 2011, le record sur ce parcours de 200 km et 14 500 m de dénivelé positif est désormais de 41 heures, 22 minutes et 10 secondes.
Elle a écrasé de toute sa force ce Grand Raid 2012.   
Drame aux petites heures samedi
Le Grand Raid 2012 a été endeuillé suite à la chute mortelle d’un raideur dans le secteur du Col de La Fourche samedi vers 2h30 du matin. L’identité de ce sportif n’avait pas encore été communiquée samedi soir. Ce n’est pas la première fois hélas que la compétition vit un tel drame. En 2002, un concurrent était décédé d’un malaise cardiaque et un autre à la suite d’une chute dans la montée de la Roche Ecrite.
La troisième victime, trailer expérimenté inscrit en individuel, non sponsorisé, dans la catégorie vétérans hommes 2, a fait une chute dans un ravin au lieu dit Col de Fourche sur le sentier Scout, entre les cirques de Salazie et Mafate, à 2h33 locales selon les pompiers.
Il avait déjà participé à deux reprises à la Diagonale des Fous et avait couru par deux fois l’Ultra-trail du Mont-Blanc. 
 
 
Jeannick Séry remporte le Trail de Bourbon
Jeannick Séry a remporté de main de maître l’édition 2012 du Trail de Bourbon en 12 heures et 22 minutes, soit un gain d’une quinzaine de minutes par rapport à son temps de l’année dernière. « Je suis content parce que, avec ce qui se passe sur le Grand Raid, les occasions de briller pour les Réunionnais se font rares. Il faut en profiter. Je pense que je vais attendre encore deux ans avant de tenter ma chance sur le Grand Raid », a-t-il déclaré à l’issue de sa victoire.
 
Philippe Lahausse 26e chez les vétérans 2
La meilleure performance côté mauricien semble devoir être mise à l’actif de Philippe Lahausse de la Louvière. Le vétéran 2 a pris la 26e place dans sa catégorie en 45h46’01 et une belle 178e place au scratch.
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