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Premier League - Liverpool la joue modeste

14 août 2010, 20:00

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Premier League - Liverpool la joue modeste

Après le départ de Rafael Benitez, une nouvelle ère s''''ouvre à Liverpool. Le public d''Anfield rêve de reconquête après un exercice 2010 très décevant. Mais Roy Hodgson, le nouveau manager des Reds, a déjà calmé tout le monde. Match contre Arsenal à 19 heures.

Roy Hodgson préfère sourire. A un journaliste anglais qui lui parle de saison capitale, peut-être même de tournant, il offre cette savoureuse réponse. "Tous les matins, en me rendant à l''entraînement, je vois l''inscription 1892 (NDLR: année de la création du club). Et vous me parlez de tournant? L''histoire de ce club est trop longue et trop belle pour utiliser ce genre de mots. Il faut être calme et modeste et voir les choses sur le long terme. Il y aura d''autres victoires, d''autres joies et d''autres titres. Mais je ne sais pas quand."

Des paroles de vieux sage qui ont eu le mérite de replacer dans son contexte cet été 2010. La fin d''une ère, oui. La fin du monde, certainement pas. Après six années sous la férule de Rafael Benitez, entre immense bonheur (le titre européen en 2005) et durable frustration (le club de la Mersey n''a pas réussi à redevenir la place forte du championnat anglais), la page a été tournée. Mais Benitez avait tellement cristallisé la critique sur sa personne, que certains imaginent un peu vite que son départ va tout régler. L''arrivée de Joe Cole, convoité par Arsenal et Tottenham, celle de Milan Jovanovic, et le fait que Gerrard et Torres soient restés a boosté la confiance du public d''Anfield. "Il faut se souvenir que cette équipe est passée tout près du titre au printemps 2009, rappelait d''ailleurs récemment l''ancien joueur d''Arsenal Paul Merson, aujourd''hui consultant sur Sky Sports. Ce n''est pas si vieux et elle vaut mieux que ce qu''elle a montré la saison dernière."

Hodgson: "La pression, je l''ai depuis 1976"

Certes, les Reds n''étaient probablement pas à leur place l''an dernier, mais pour Roy Hodgson, pas question d''aller plus vite que la musique. "A l''évidence, assure l''ancien manager de Fulham, nous sommes encore très, très loin de Manchester United, Chelsea ou Arsenal. Ces clubs ont un groupe plus solide que nous et leur entraîneur ne vient pas d''arriver. Ferguson et Wenger sont là depuis des années, et si Ancelotti n''est là que depuis un an, il a récupéré un effectif qui tournait depuis longtemps. Il ne faut pas rêver." Un avis en adéquation avec celui des bookmakers londoniens, qui placent Liverpool entre la 4e et la 6e place cette saison, loin derrière le trio cité par Hodgson. 

Ce discours est aussi une façon de calmer le jeu et de laisser retomber la pression. Loin de parler de titres ou de reconquête, il laisse les grands mots à d''autres. Son ambition est plus basique. "A la fin de la saison, explique-t-il, je serai déçu si nos fans avaient le sentiment que les joueurs n''ont pas tout donné et que l''équipe n''a pas obtenu le meilleur résultat possible." En le poussant un peu, on arrive tout de même à lui faire préciser ses objectifs. "Bien sûr, tout le monde connait l''importance d''une participation à la Ligue des champions et nous devrons tout faire pour y parvenir." Si on le suit bien, c''est donc la 4e place que briguent les Reds. Une deuxième saison consécutive sans C1 poserait problème. Hodgson le sait. Mais la pression, à 62 ans, lui donne le sourire. "La pression, je l''ai depuis que je suis devenu entraîneur le 1er janvier 1976. Vous allez me dire que Liverpool, c''est autre chose qu''Halstad, mais à l''époque, à 29 ans, je trouvais la pression énorme!"

Question pression, Liverpool sera servi dès le mois d''août. Dimanche, Arsenal débarque à Anfield pour un premier choc. Puis, dans une semaine, les Reds iront à Manchester pour affronter City. Deux énormes morceaux pour commencer. L''an dernier, la bande à Steven Gerrard avait perdu deux de ses trois premiers matches contre Tottenham et Aston Villa. Elle n''avait jamais pu digérer une entame catastrophique. La suite ne fut qu''une longue litanie de tiraillements internes et de médiocrité sur le terrain. "Ma pire saison depuis longtemps, très difficile à vivre", avoue Gerrard. Liverpool doit donc se remettre dans le bon sens. Un préalable à toute autre ambition. "Hodgson est l''homme de la situation, estime l''ancien de la maison, Jamie Redknapp. Il va apporter du calme et de la stabilité à cette équipe. C''est tout ce dont elle a besoin pour le moment." Pour les titres, il faudra attendre. C''est le vieux sage qui le dit.

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