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Post-inondations: des sinistrés nous ouvrent leurs portes…
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Post-inondations: des sinistrés nous ouvrent leurs portes…
De «faux cas» parmi ceux qui manifestent devant l’Astor Court en quête de «lamoné dilo» ? Le ministre de la Sécurité sociale, Étienne Sinatambou, pense que tel est le cas. Il l’a d’ailleurs déclaré à l’express dans une interview publiée dans notre édition d’hier. Alors que des sinistrés en étaient à leur cinquième jour de mobilisation hier, nous sommes allés à la rencontre de certains d’entre eux, dans la nuit de jeudi, à leur domicile.
Premier arrêt à Morcellement Mana, Tranquebar, chez Marie Rosemay. Elle habite dans une petite maison en tôle entre les arbres de la montagne de Tranquebar. Dans une allée étroite et boueuse, d’où émane une odeur nauséabonde, se trouvent une dizaine de maisons en tôle, toutes en piteux état. La demeure de Marie Rosemay respire la misère, elle vous prend aux tripes.
À l’intérieur, une petite table, un lit, deux chaises en plastique en mauvais état et une cuisine mal éclairée. «Cette maison se transforme en passoire à chaque grosse pluie», lâche Marie Rosemay. «Je ne peux ni dormir ni cuire pendant les averses et les inondations. Je dois envoyer mes enfants dormir chez d’autres personnes», raconte-t-elle, d’une voix où percent la fatigue et la résignation.
Un peu plus loin, à Vallée-des-Prêtres, Sookhooa Digdarsun nous accueille. Le sexagénaire, dont la jambe a été amputée, s’était lui aussi rendu à l’Astor Court mercredi pour chercher une compensation. Sa maison se trouve au fond d’une allée étroite. Il nous montre son matelas qu’il venait d’acheter et des chaises complètement abîmés dans les inondations. «J’avais rehaussé la base de ma maison avec deux autres rangées de blocs, mais l’eau continue à y pénétrer», dit Sookhooa Digdarsun.
Les fortes pluies, ajoute-t-il, l’ont durement affecté. «Dan mo lakaz, dan mo lakwizinn, tou inn alé, manzé, meb, masinn a lavé…» À l’extérieur, il nous montre des appareils électroménagers qui ont fini à la poubelle, comme son téléviseur. Le sexagénaire, qui ne survit que grâce à sa maigre pension, doit tout racheter.
Mohammed Kaleem Jummun, âgé d’une trentaine d’années, habite, lui, dans une petite maison composée de deux chambres et d’une cuisine, à Résidence La Cure. Depuis lundi, il fait le pied de grue devant le bureau de la Sécurité sociale. Bien que les inondations remontent à deux semaines, l’eau n’est toujours pas partie. Il nous montre, entre autres, une armoire abîmée. «J’ai tout perdu. Je n’ai plus de vêtements et mes fauteuils sont abîmés. Je ne peux même plus acheter de quoi nourrir mon fils de trois ans…»
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