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Circonscription n°15: «Skandal, mo pa tro kas tet ar sa»
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Circonscription n°15: «Skandal, mo pa tro kas tet ar sa»
Après les circonscriptions n°5 (Pamplemousses–Triolet) et n°14 (Savanne–Rivière-Noire), le n°15 (La Caverne–Phoenix) est la troisième circonscription avec le plus grand nombre de votants. Soit 57 256 électeurs. L’express a baladé son micro dans quelques-unes des régions concernées.
Route du Club, Vacoas. On s’arrête chez Ferblantier National qui, comme l’indique son nom, est le lieu de commerce d’un ferblantier. De deux plutôt, car il s’agit de deux frères. Jaldass Mungra, 64 ans et Raghoonath Mangar, plus connu comme Ramesh, 62 ans (NdlR, leurs noms de famille diffèrent, suite à une erreur de l’etat civil). C’est ce dernier a bien voulu nous parler. Cela fait une quarantaine d’années qu’ils font ce métier qui ne marche pas aussi bien qu’auparavant. «Ceux qui utilisaient les objets en fer-blanc se sont tournés vers d’autres types de produits. Sans compter qu’il y a une hausse du prix des matériaux. De ce fait, on n’a pas le choix que d’augmenter le tarif de nos produits», dit-il.
Malgré les difficultés de son quotidien, Ramesh Mangar se dit satisfait du travail accompli par le gouvernement sortant. «Gouvernman (sortant, NdlR) pe fer so mié pou nou. Pa kone si lot parti vini ki li pou fer pou nou. Cela demande une équipe vraiment soudée pour diriger le pays», dit-il. Concernant la campagne électorale et les élections générales, cet habitant de Floréal ne se prend pas trop la tête. «Nou kone sak sink-an ena eleksion. Eleksion pe fer so travay (sic)», soutient le sexagénaire.
On quitte l’atelier du ferblantier pour le jardin. Celui de Sahela Soydan, à Solferino. Trente ans depuis qu’elle occupe ce jardin, soit depuis son mariage. Elle y arrive à 6h30, et ne quittera pas les lieux avant 18h10. Elle est la troisième génération de la famille à se consacrer à ce jardin où elle cultive des légumes et des fleurs. Sa vie tourne essentiellement autour de ses plantes. Dans le jardin, mais aussi dans celui qu’elle a aménagé chez elle, à quelques pas de son commerce, Zia Bloom.
«Au fil des années, on a introduit de nouvelles plantes qu’on a fait découvert à nos clients. Par rapport à la nourriture, les gens sont devenus plus conscients de leur santé. Ils consomment des produits bio. Auparavant, mon beau-père utilisait des fertilisants, mais maintenant ce n’est plus le cas», relate cette quinquagénaire. Mais elle ne se cantonne pas qu’à son jardin. Elle a aussi observé que les gens font même de la plantation sur les toits de leurs maisons, par exemple. Quid de l’actualité politique ? «Mo pa swiv. Pa gagn letan. Mo ekout inpe seki dir lor radio, e mo lir seki pas devan mwa, dan zournal», affirme cette habitante de l’endroit.
On met le cap sur Phoenix. Direction la place taxi. On rencontre Eraf Moedeen, 71 ans, un habitant de l’endroit, qui papote avec «enn kamarad sofer taxi». Notre «koz koze» avec celui qui a travaillé dans le secteur du transport pendant quarante-trois ans nous permet de constater qu’il n’a pas la langue dans sa poche. «Mank devlopman dan Phoenix. On n’a pas de foire. Il nous faut aller à Vacoas pour s’approvisionner en légumes. Et c’est loin pour nous. Il n’y a pas de lieu pour le divertissement non plus», fait-il ressortir.
La politique ne lui est pas inconnue. «Depi monn gagn dizwit-an, monn koumans fer kanpagn. J’étais dans le syndicat du transport (la General Workers Federation, NdlR) et le syndicat, comme nous le savons, est attaché à la politique», soutient cet ancien Traffic Officer
chez United Bus Service. Eraf Moedeen a aussi fait de la politique active. Il a fait le tour de différentes formations. Notamment, le Mouvement militant mauricien, le Mouvement socialiste militant et le Parti travailliste. Il a également été candidat aux élections municipales.
Si, «avek laz, monn met enn poze», le retraité suit la chose politique de près. «Fode pa tonb dan bases koumsa. Avek imin ki nou pe zwe. Manz kamarad, zet labou, li pa marse. Met nouvo nouvo dimounn dan politik, nanie zot pa kone. Ki zot pou al fer laba?» se demande Eraf Moedeen. Dans la foulée, il fait même des prédictions. «Forse 47 000 elekter mem ki pou al vote. Encore faut-il que les élus donnent de la satisfaction à la population. Lalians Lepep, nou ti vot zot, an 2014. Zot inn donn zot dimounn. Sa pa fer nanye. Mais qu’advient-il des autres ? Lot parti ki pou vini pou fer parey», estime-t-il. Quid de l’appât (comprenez, de la pension) pour séduire les personnes du troisième âge ? «Zot pe zwe ek dimounn. Dimounn- la inn plin ek sa. Li pa pou fer nanie sa. Oun gete lavi kouma inn ogmante?»
On se remet en route. Direction : Highlands. On s’arrête chez Papoun Snack où on rencontre Michaëlla Thomas, 33 ans. Celle qui arborera un joli sourire tout au long de notre entretien habite cet endroit depuis onze ans. «Il y a eu des améliorations dans l’endroit. Jadis, on n’avait pas de pharmacie. Maintenant on en a une et elle s’ouvre jusqu’à tard. Ena marsan legim, la boutik, snak, sime ti kase inn repare. Les gens sont amicaux. Il fait bon vivre ici», dit-elle. La politique ? «Mo pa tro tro politik mwa. Quand je rentre à la maison, kan mo rant lor Facebook, mo swiv. Skandal, mo pa tro kas la tet ar sa. Li pou koumsa mem parski lot la so adverser. Ce qui m’intéresse, ce sont les mesures proposées. J’ai trois enfants. Je veux bien savoir ce qu’ils proposent pour l’éducation. E ban gran dimounn osi merite (référence à la pension)», estime la trentenaire.
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