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Supermarchés pris d’assaut: les Mauriciens atteints de fièvre acheteuse
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Supermarchés pris d’assaut: les Mauriciens atteints de fièvre acheteuse
Un Mauricien averti en vaut deux. Malgré l’absence de cas de Covid-19 chez nous, on ne veut pas prendre de risques. Ainsi, nombreux sont ceux qui font leur stock de provisions, pour les mois à venir, en cas d’éventuelle pénurie. Dans les commerces, les rayons sont bondés et les files d’attente interminables auprès des caisses. Hier à la mi-journée – tout comme c’est le cas depuis quelques jours – les supermarchés sont pris d’assaut. On en fait des caisses…
Au Super U de Grand Baie, les clients font le va-et-vient. Pâtes, céréales et grains secs, ils ne veulent rien oublier. La preuve, certaines étagères sont presque vides. Les boîtes de conserve, bouteilles d’huile et le fameux papier toilette sont des denrées rares.
Mala Ramanjooloo, directrice commerciale de l’enseigne, dresse un constat. «Certains produits s’écoulent à la vitesse grand V.» Un phénomène qui dure depuis quelques jours déjà. «Ces dernières semaines, plusieurs types de produits importés se vendent comme des petits pains. Tels que les produits nettoyants, le papier toilette, le lait, le riz et la farine.»
Pour éviter la pénurie, l’enseigne s’assure de passer les commandes auprès de ses fournisseurs aussitôt les stocks épuisés. Par ailleurs, Super U a également disposé du «hand sanitizer» dans l’enceinte du bâtiment. «Les clients ainsi que les employés peuvent à n’importe quel moment se désinfecter les mains dans le supermarché.» Justement, qu’en est-il des ventes des solutions hydroalcooliques ? La directrice commerciale de Super U souligne qu’il n’y en a plus sur les étagères actuellement. «Ces derniers temps les clients se sont rués vers les désinfectants.» Mais tout est fait pour renouveler le stock. En attendant, rappelons-le, que le savon est tout aussi efficace pour se laver les mains.
Ruxana Nazeerkhan, habitante de Trou-aux-Biches, compte parmi ceux qui «s’arment» contre une éventuelle apparition du coronavirus et ses répercussions. En compagnie de son époux, Yousuf, elle scrute les rayons en poussant son caddie garni de provisions, dont des bouteilles d’huile, des sacs de farine et des boîtes de lait. «Nous ne savons pas ce que l’avenir nous réserve… Nous avons pris de quoi ‘subsister’ pour les deux prochains mois…»
Eugénie Jeanne – rencontrée au rayon papier toilette – est quant à elle venue faire des courses en voyant des photos d’étagères vides sur les réseaux sociaux hier matin. «J’étais choquée !» Du coup, elle fait «comme les autres». Car, «les Mauriciens s’affolent et raflent tout dans les commerces, zot pa pans zot prosin ni demin !»
Plus loin, à la caisse, Clifford Tanneur s’active à placer le contenu de ses deux caddies de provisions dans des sacs et des boîtes. Riz, farine, grains secs, lait et surtout les croquettes pour son chien, tout y est. «Nous avons également pris des produits hygiéniques ainsi que du papier toilette parski fini vit kot nou sa !» Quant aux produits désinfectants pour les mains, il s’en procure auprès de la pharmacie de son quartier.
Autre endroit, même scénario. Du côté d’Intermart, à Grand-Baie toujours, le ‘panic buying’ gagne du terrain. Tels des virus, les clients ont pris d’assaut les rayons. Les employés s’activent pour transporter les provisions du store aux étagères afin de les remplir de nouveau. Certains clients, trop pressés, se servent directement les caddies transportés par les employés.
Michael Moothia, directeur de l’enseigne affirme qu’il faut «faire faire des ‘refill’ souvent», sachant que les rayons se vident en un clin d’œil. «Surtout durant le week-end, les clients sont plus nombreux.»
Je conseille aux mauriciens de prendre leurs précautions. on ne sait pas si ce virus viendra chez nous.
La raison de ces achats compulsifs ? «Les gens paniquent. Ils voient la situation à travers ce qui se passe dans le monde et préfèrent prendre des précautions à l’avance.» Toutefois, assure, rassure ce dernier, il n’y a aucune pénurie à l’horizon. «Nous faisons tout notre possible pour importer les produits afin que nous ne manquions de rien.»
Néanmoins, nous notons que le rayon hand sanitizer est désert. «C’est un des produits qui étaient ‘out of stock’ en premier. Divers clients viennent nous demander quand nous allons en recevoir. Ils seront bientôt à nouveau disponibles.»
Brandon Philippe arpente, lui, les rayons grains secs. «J’ai pris du lait, de la farine et d’autres produits importants.» En ce qui concerne les solutions hydro-alcooliques, il s’en est déjà procuré. Il va même plus loin… «Je conseille aux Mauriciens de prendre leurs précautions. On ne sait pas si ce virus viendra chez nous, et quand, mais il faut se préparer à toute éventualité…» Au Winner’s de Goodlands, même scénario «pré-apocalyptique», dirons nous. Parking plein comme un œuf, guichets automatiques dévalisés, caisses enregistreuses tournant à plein régime. De quoi faire fuir le plus coriace des virus. À l’intérieur, les employés manipulent des boîtes en carton. «Plin dimounn andan la…»
Le constat est parlant., laisse sans voix. Les rayons pâtes, grains secs et riz crient famine. Hans Luchoo, un habitant de Goodlands, observe les produits congelés. Ce dernier n’a pas l’intention de faire de folies aujourd’hui. «Je n’ai que quelques provisions pour finir le mois à acheter.» Toutefois, il songe à revenir dans quelques jours. «Faute de moyens et de temps, je ne pourrais faire mon stock de provisions. Mais dès que je pourrais, je reviendrai.» Il a d’ailleurs déjà fait sa liste : produits pour bébé, lait, mais aussi des savonnettes et du papier toilette car «les gens se les arrachent» !
Au lieu du coronavirus, il semblerait que les Mauriciens aient contracté la fièvre acheteuse.
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